En défense des grandes villes denses : la métropole bordelaise est-elle trop petite ?

Cadres de vie
Publié le 17/05/23
Mis à jour le 29/06/26
3min de lecture
En défense des grandes villes denses : la métropole bordelaise est-elle trop petite ?
actu.fr

Rue Sainte-Catherine à une heure de grand passage, Bordeaux, France

  • Comment Bordeaux se situe-t-elle par rapport à d’autres métropoles européennes ?
  • La nécessité de se poser la question de la géographie des logements

Voici une idée pour le moins  impopulaire  : Bordeaux Métropole est-elle trop petite ?

La métropole girondine est certainement, et à juste titre me semble-t-il, l’une de celles qui fait rêver le plus les Franciliens…

Mais Bordeaux et ses 0,8 M d’habitants n’est-elle pas trop  petite  pour constituer une alternative viable à la région capitale ?

La question se pose autant pour les entreprises — qui ont beaucoup de mal à recruter, dans un vivier de taille très modeste — que pour les employés, pour lesquels trouver un emploi local, voire un second si le premier ne convient pas, et enfin un troisième voire un quatrième pour le conjoint, est un vrai casse-tête.

Comment Bordeaux se situe-t-elle par rapport à d’autres métropoles européennes ?

Alors en effet  Bordeaux, c’est pas Paris , mais ce n’est pas non plus :

  • Milan (3,1 M d’habitants dans l’agglomération) ;
  • Lisbonne (2,9 M) ;
  • Birmingham (2,6 M) ;
  • Naples (2,2 M) ;
  • Bruxelles (2,0 M) ;
  • Turin (1,8 M) ;
  • Lyon (1,7 M) ;
  • Glasgow (1,7 M) ;
  • Marseille Aix-en-Provence (1,6 M) ;
  • Munich (1,5 M) ;
  • Copenhague (1,3 M) ;
  • ou encore Porto (1,3 M) !

Ces  petites  métropoles européennes, qui font toutes au moins une fois et demie la taille de la métropole bordelaise, sont-elles toutes invivables ?

Leurs performances environnementales, et en matière de cadre de vie, sont-elles systématiquement inférieures à celles de la  belle endormie  ?

Personnellement, je ne crois pas à la nécessité d’une  concurrence  entre les grandes métropoles européennes et mondiales. On peut grandir sans entrer en concurrence avec ses voisins ou partenaires.

Je ne pense pas non plus que la raison qui pousse à l’urbanisation des territoires, et à l’émergence des grandes métropoles dans le monde, réside principalement dans des actions politiques délibérées visant à les faire grandir au détriment des territoires alentour.

L’hypothèse selon laquelle c’est la grande agglomération parisienne et son économie qui rendent relativement  viable  le Grand Paris Express, me semble plus raisonnable que l’hypothèse inverse : il existe une demande, quantitativement suffisante, pour ce métro et les projets de construction qui l’accompagnent.

La nécessité de se poser la question de la géographie des logements

Le phénomène d’urbanisation, qui s’observe partout, sur tous les continents (la métropolisation n’est pas un phénomène réservé aux économies tertiaires) est une composante qu’on ne peut pas ne pas prendre au sérieux pour réfléchir à la géographie de nos activités, et de nos lieux de vie, pour les décennies à venir.

Cette géographie mérite un débat. Un débat qui est occulté lorsque l’on brandit des slogans du type :

 L’essentiel de la ville de demain est déjà là 

 Tout ce qui tient debout doit être réhabilité 

Car les bâtiments d’hier ne sont pas nécessairement bien situés par rapport à nos besoins actuels, et vis-à-vis de nos projets pour demain.