Quelques pistes pour sortir la politique du logement du brouillard

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3 min de lecture  |  Publié le 05/05/2023 sur | Mis à jour le 19/05/23

Pour sortir la politique du logement du brouillard, quelques pistes pour faire des espaces périurbains, villages en devenir, les grands contributeurs de demain à la production d’une offre de maisons bien situées et abordables, avec cours et jardins !

  1. Trame du cadre de vie : ré-aménager des voies passantes, planter, travailler la fluidité d’un réseau des rues, venelles et places à échelle humaine, faire en sorte qu’ils soient praticables à pied, confortables pour le piéton, pour le cycliste, et qu’il soit desservi par un réseau de transports en commun efficace.
  2. Évolution du bâti : développer une croissance organique du tissu bâti pour donner forme, progressivement, à cette trame d’espaces publics, en s’appuyant sur des centaines de micro projets – de logements, mais également d’activités – répondant à des demandes sur mesure, en filière courte et locale de la construction, selon le modèle économique de l’autopromotion accompagnée, mais aussi sur des projets de promotion pour les projets de plus forte densité.
  3. Ajustement de l’offre : autoriser la densité et la compacité, la multi fonctionnalité, les implantations en fronts de rue, les mitoyennetés : l’urbanisme de la plupart de nos villages est aujourd’hui littéralement interdit par nos PLU, dans la grande majorité des tissus pavillonnaires construits ces dernières décennies, alors que le potentiel de développement en densification douce y est immense : surélévations, constructions sur le côté ou à l’arrière des maisons existantes, partages fonciers, création de porches, de cours communes, de venelles…

Ce potentiel doit être libéré, non pas pour être systématiquement exploité et bâti, mais pour recréer les conditions d’une forme d’abondance de droits à bâtir, défaire la pénurie foncière et rétablir des conditions normales sur le marché des terrains constructibles, à l’heure du ZAN.

Le tissu pavillonnaires français c’est : 20 millions de maisons déjà bâties, dont 9 millions situées dans les communes de plus de 10 000 habitants et leurs communes limitrophes.

Le futur de l’offre en accession à prix abordable ne se situe plus dans les champs, ni dans les forêts, mais bien ici : là où nous avons commencé à aménager et bâtir, et où nous nous sommes arrêtés en cours de route :

  • 37% des français aspirent à un jardin de moins de 250 m2 ;
  • 40% des français propriétaire d’une maison avec jardin sont prêts à étudier les possibilités de partager leur propriété avec un futur voisin.

Les premières opérations conduites par plusieurs collectivités et Villes Vivantes sont prometteuses. Pour passer à l’échelle la densification douce et villageoise de nos espaces périurbains, le plus difficile reste à faire cependant :

  • lever les verrous réglementaires au sein des PLU (Nimby) ;
  • mais surtout, former massivement un tissu de professionnels capables d’accompagner – et de copiloter – les micro-projets de densification douce.

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