L’éléphant dans le magasin de porcelaine : la géographie

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3 min de lecture  |  Publié le 20/04/2023 sur | Mis à jour le 19/05/23

Crise du logement – « On ne peut pas se permettre d’être modéré » pour Iñaki Echaniz – Premium

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Anthony Michel | placeco.fr

Derrière le sujet du logement se tapit celui de la géographie

“On est dans une véritable crise du logement, ici, au Pays Basque, mais aussi en Béarn. Ça touche toute la façade littorale atlantique, ça touche les grandes villes comme Marseille, Bordeaux, Paris, etc. Et c’est un sujet qui n’était pas à l’ordre du jour politique qui ne l’a pas été ces cinq dernières années.”

Derrière le sujet du logement, qui a du mal a émerger en effet sur la scène politique nationale et qui, c’est bien naturel, commence à être regardé de plus près sous l’angle fiscal et réglementaire, se cache un autre sujet d’envergure, plus vaste encore puisqu’il nous emmène au sud jusqu’à Lisbonne, qui a connu les mêmes manifestations d’habitants qu’à Bayonne ce week-end…

Ce second sujet, qui se tapit derrière celui du logement, et qui est je pense la cause principale des dérèglements que nous observons, cet “éléphant dans le magasin de porcelaine”, c’est la géographie.

La société qui vient n’a pas les mêmes besoins, ni les mêmes désirs d’occupation de l’espace que les générations précédentes

Les résidences secondaires, les locations touristiques de courte durée, les prix prohibitifs du foncier, des logements neufs et anciens, la spéculation immobilière … sont les signes d’un décalage grandissant entre les lieux de ces nouveaux besoins, de ces nouvelles aspirations, et l’aménagement du territoire dont nous avons hérité.

Nos villes et villages, nos espaces ruraux et nos métropoles, sont issus de dynamiques historiques qui dessinent aujourd’hui une géographie du monde d’hier qui est littéralement figée et obstruée par les règlements d’urbanisme d’aujourd’hui, qui sont eux-mêmes le fruit des règles de gouvernance locale qui veulent que l’on vote là où l’on dort, tandis que les endroits aujourd’hui les plus recherchés sont, précisément, là où les plus aisés choisissent de résider.

La géographie du monde d’hier est figée par les règlements d’urbanisme d’aujourd’hui

Cette géographie du monde d’hier s’apprête à être pratiquement pétrifiée :

  • par le ZAN, le “zéro artificialisation nette”, si nous ne trouvons pas des solutions pour engager un renouvellement massif des espaces déjà bâtis ;
  • mais aussi par de nouvelles théories stationnaires qui voudraient que l’évolution des territoires s’arrête là.

Or les besoins comme les désirs ont évolué et continuent d’évoluer de façon radicale et soudaine.

Du côté des besoins en particulier : la trajectoire professionnelle d’un individu est aujourd’hui découplée de la trajectoire de son employeur.

Les individus ont l’impérieux besoin de vivre et d’habiter là où de multiples trajectoires d’employeurs potentiels se croisent et, inversement, les employeurs ont l’impérieux besoins de s’installer là où de nombreuses trajectoires d’employés potentiels se croisent également…

D’où la hausse fulgurante des besoins en logements dans les cœurs de certaines grandes métropoles du pays.

Du côté des désirs, et de l’économie présentielle qu’ils engendrent, pas la peine de vous faire un dessin ?

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