Encadrer encore plus les loyers
: enfin une idée simple et brillante. Tellement simple qu’elle finit toujours par fabriquer exactement l’inverse de l’objectif.
Le raisonnement public est limpide : Les loyers sont trop chers pour les ménages modestes. Donc on plafonne.
Ah, ça, c’est pas con !
Quoique…
Plafonner un prix dans un marché déjà en pénurie, sans traiter le volume (construction) et le stock (rénovation / remise sur le marché), c’est organiser une sélection… pas une protection.
Ce qui se passe ensuite est très prévisible :
- Une partie des bailleurs solvables se retire (vente, arbitrage, location saisonnière, autre usage).
- Les bailleurs
contraints
(crédit, charges, travaux) restent… mais ils sécurisent à 200% : dossier premium, garanties maximales, risque minimal. - Résultat : l’intention
logement pour tous
devient un mécanisme de tri. Les plus fragiles sortent du jeu, ou restent coincés dans l’informel / l’attente / la suroccupation (voire des magouilles en série).
Et pendant ce temps, on discute précisément de pérenniser et d’étendre le dispositif (expérimental depuis ELAN, échéance 2026) : votes et propositions en cours fin 2025 à l’Assemblée et au Sénat.
C’est moi ou nos élus ont perdu leur GBS (le fameux gros bon sens) ?
Je pose une question simple : on veut réguler les loyers… ou produire plus de logements habitables ?
Parce que l’histoire internationale est assez constante : sans politique d’offre (construction) + politique de stock (rénovation, remise en location, sécurité juridique, vive les MDB au passage !), le plafonnement protège
surtout ceux qui sont déjà dedans, et raréfie le reste (exemples étudiés : San Francisco, Berlin, Stockholm, purée c’est pas comme si on découvrait le problème non ???).

