Non, le monde pavillonnaire n’est pas mort

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3 min de lecture  |  Publié le 02/10/2023 sur | Mis à jour le 06/10/23

La fin du monde pavillonnaire

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Yves Deloison | urbanisme.fr

Un vaste héritage empli de potentiels aussi enchanteurs que prometteurs

Dans son article de la revue Urbanisme datant du 29 septembre 2023, le journaliste Yves Deloison diagnostique la “fin du monde pavillonnaire” – expression qui donne son titre à l’article.

Pourquoi choisir un titre aussi péremptoire, et finalement accablant ? Le pavillonnaire a fait rêver, il fait rêver, et continuera de faire rêver.

A-t-on vraiment besoin de décréter “la fin” de quelque chose pour contribuer à penser son évolution, sa transformation ?

Première réalisation de IUDO à Malakoff – © Clément Guillaume

Mon expérience de 10 années, avec les équipes de Villes Vivantes, passées à aider les élus et les habitants du pavillonnaire à faire évoluer leurs lieux de vie m’a montré l’inverse : c’est par l’empathie, la compréhension, la bienveillance et l’esprit de service que le dialogue se crée, et que les partenariats se nouent.

Pourquoi ne parvenons-nous pas, collectivement, en tant que profession – urbaniste – à démontrer plus de respect, et moins de condescendance, aux élus, acteurs professionnels et habitants qui ont produit, fabriqué et fait vivre ce qu’ils nous lèguent aujourd’hui : un vaste héritage empli de potentiels aussi enchanteurs que prometteurs ?

Un titre de presse est souvent le fait de la rédaction, et non de l’auteur de l’article … Il révèle encore une fois, au moment même où une réconciliation semble possible, utile, nécessaire, que la question de la relation historiquement complexe des métiers de l’architecture et de l’urbanisme à la maison individuelle n’est pas tout à fait dénouée…

Densification douce et biodiversité

Honnis (il n’aurait pas fallu les construire …), les lotissements sont aujourd’hui, pour certains, la panacée écologique (il ne faudrait pas y toucher …) et pour d’autres, “à réparer” (ils seraient cassés ?)

Ceux qui s’expriment de façon aussi lapidaire sont experts, spécialistes dans leur domaine. Ils réclament leur dû : ils n’ont pas contribué à concevoir ces lieux, ni à les construire, ni à les habiter, pour la plupart. Mais ils veulent – aujourd’hui – les penser à la place de leurs habitants et de leurs élus.

Ils n’ont pas hésité à les amalgamer avec la France des ronds points et des zones commerciales dans ce qu’ils ont, collectivement, nommé “la France moche” (et ils sont encore beaucoup à ne pas se rendre compte du caractère profondément insultant de cette accroche).

Les habitants, on le sait depuis longtemps, rêvent du pavillonnaire. On s’était presque habitué à l’idée. Mais la crise sanitaire est revenue donner un coup de fouet à cet élan fougueux pour les premières et secondes couronnes des agglomérations : ce sont elles, plus que les espaces ruraux, qui ont profité du coup de mou du coeur des grands villes pour reprendre des couleurs.

Les urbanistes, après avoir longtemps décrié le phénomène, se sont eux aussi pris d’une nouvelle passion pour celui-ci, à l’heure du ZAN, comme potentiel :

  • de construction de nouveaux logements en densification douce ;
  • d’espaces de respiration, de rafraichissement de la ville, favorables au développement de la biodiversité.

Et si nous commencions par nous adresser poliment à leurs habitants, et par leur donner la parole ?