Métropoles : interdire de créer à proximité des emplois une offre de logements abordables ne fait pas disparaître les familles à loger

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2 min de lecture  |  Publié le 08/01/2024 sur | Mis à jour le 09/01/24

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Yannick Delneste | Sudouest.fr

Des familles condamnées à effectuer d’épuisants déplacements quotidiens

« Je travaille à Pessac et j’ai choisi d’embaucher très tôt là-bas », explique Delphine Cassin, diététicienne du CHU Haut-Lévêque qui habite Cambes. « On essaie de trouver des solutions, avec le covoiturage par exemple, mais les alternatives de transports sont inadaptées. Nous habitions à Paillet, nous sommes venus à Cambes pour faciliter le transport des enfants mais cela ne change rien ! Et financièrement, on ne peut pas se rapprocher plus de Bordeaux. »

C’est pour les familles comme celle de Delphine que nous poursuivons notre initiative vv.love en 2024 à Bordeaux Métropole.

Interdire de créer à proximité des emplois du coeur de métropole une offre de logements abordables suffisante au regard des besoins ne fait pas disparaître les familles à loger… Une telle politique ne fait que les éloigner irrémédiablement et les contraint à d’épuisants déplacements quotidiens.

Loin de préserver l’environnement, l’interdiction de construire près du coeur de métropole conduit à alourdir le bilan carbone de ces ménages

« Nos habitants sont en vraie souffrance et nous, maires, sommes assez démunis », déplore Rose Pedreira Afonso, maire de Cambes.
« Une vraie rupture d’égalité devant les transports publics et l’éducation. »
« Anormal et injuste », renchérit Jean-Philippe Guillemot, maire de Camblanes-et-Meynac…

Lorsque l’environnement et sa préservation sont avancés comme prétexte pour limiter la constructibilité dans la première et seconde couronne bordelaise, globalement peu denses, alors que chaque ménage qui voudrait s’y loger doit s’éloigner, on ne doit pas s’y tromper : le résultat est le développement de construction dans des secteurs plus distants, moins équipés et moins artificialisés, dont les impacts environnementaux (notamment en infrastructures et émissions automobiles) sont supérieurs à ceux qu’ils auraient été si nous avions décidé d’accueillir ces ménages dans la métropole.

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