Certaines des plus grandes mégapoles du monde, comme Tokyo, Jakarta ou Ho Chi Minh-City, sont avant tout… de très grands villages
Réinventer et généraliser le village
.
Des villes denses mais largement constituées de tissus bas, mixtes, à échelle humaine.
Elles ne sont évidemment pas des modèles à suivre. Mais elles nous montrent qu’on peut ouvrir massivement les droits à bâtir sans remplacer la forme du village par des tours, comme le dénonce
une lettre du correspondant du Monde à Tokyo parue le 09 février 2026 :
Dans la capitale japonaise, les hautes tours remplacent progressivement les petites ruelles et les maisons basses qui faisaient son charme, chassant leurs habitants.
Cette observation résonne avec nos débats français. Elle exprime une attente de plus en plus nette pour :
- une intensité métropolitaine élevée,
- un cadre de vie à échelle humaine, souvent résumé par l’idée du
village
.
Si nous voulons sortir du Grand Downzoning
(l’interdiction généralisée de densifier) pour aller vers un
Le Grand Downzoning
Grand Upzoning
dans les territoires en pénurie d’offre, une question se pose : peut-on augmenter massivement les droits à bâtir sans renoncer aux formes urbaines désirées ?
Peut-on passer d’un choc d’interdiction de la densification à un choc d’autorisation des formes villageoises denses ?
Pour Samuel Hughes, le Grand Downzoning qui s’est mis en place dans l’ensemble du monde occidental entre les années 1890 et 1950 s’explique moins par sa réalité idéologique que par la protection des intérêts des propriétaires en place lorsque la limitation des droits à construire permettait de préserver ou d’augmenter la valeur des biens existants.
Mais à partir d’un certain degré de pénurie, observe-t-il, ce raisonnement peut s’inverser : autoriser la densification donne de la valeur aux biens existants. Il cite le cas du quartier londonien de South Tottenham, où l’autorisation d’ajouter un étage aux maisons a entraîné une hausse immédiate de la valeur de l’ensemble des propriétés de la rue. De quoi passer du NIMBY
Not In My BackYard (NIMBY)
au YIMBY
La bataille du YIMBY : il reste la moitié du chemin à parcourir
?
La comparaison entre Tokyo et Paris est éclairante : le village tokyoïte
est déjà, en soi, le produit d’un choc massif d’autorisation de densifier intervenu dès l’après-guerre, qui a largement contribué à faire de Tokyo l’une des grandes métropoles les plus abordables, tout en reposant majoritairement sur des formes urbaines denses à échelle humaine.
Pour des paysages archipels, l’exemple de Tokyo
Au vu de la demande des Français, qui plébiscitent la maison avec petit jardin, c’est sans doute dans cette direction que nous devrions regarder.
En particulier dans les premières couronnes de nos métropoles, déjà bien desservies en transports en communs et disposant d’un maillage de petites centralités dont la vitalité pourrait décoller grâce à des densités plus élevées.
Pour moi, le choc d’offre dont nous avons besoin n’est donc sans doute pas un choc de tours, mais un choc de transformation de nos lotissements en villages.
Et vous, qu’en pensez-vous ?













