La pénurie de logements n’est pas un mythe

Perspectives
Publié le 02/03/26
Mis à jour le 02/03/26
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La pénurie de logements n’est pas un mythe
David Miet

    On vous explique que la pénurie de logements est un mythe parce qu’en réalité, elle est décidée et organisée.

    L’antienne  le logement n’est-ce pas un produit comme les autres !  nous invite à relativiser l’importance et l’urgence de bâtir.

    Mais n’est-ce pas une excuse sophistiquée pour refuser de construire et d’accueillir ?

    Nous devrions être tous, agents publics, élus locaux, urbanistes, planificateurs, constructeurs, en mode branle-bas de combat pour sortir tous les logements qui peuvent l’être dans les zones tendues !

    Mais non : nous vivons dans un déni de pénurie. Un déni que nous alimentons chaque jour. Et que certains finissent par assumer Municipales 2026 : vers une pénurie de logement volontaire, assumée et décomplexée Municipales 2026 : vers une pénurie de logement volontaire, assumée et décomplexée .

    D’un côté, des étals de fruits et légumes qui débordent. Des queues raisonnables, des prix un peu trop chers, mais une offre réelle qui permet à la plupart d’entre nous de faire ses courses dans des conditions normales : nous ne sommes pas en pénurie.

    Et au milieu, le stand des terrains à bâtir et des appartements à louer. Presque vide.

    Derrière le stand ?

    Une file d’attente qui s’étire sur trois rues. Des familles, des étudiants, des travailleurs qui attendent un signe, un espoir.

    Et voici ce que nous leur répondons :

    •  Nous n’avons pas de problème de pénurie 
    •  Plus d’offre n’est pas la solution 

    On croit rêver, non ?

    C’est pourtant le discours qu’on entend partout.

    Le déni de pénurie du logement.

    Quand on manque de pain, on en cuit. Quand on manque de médecins, on en forme. Mais quand on manque de logements, une partie de la technocratie nous explique que construire plus ne servira à rien.

    C’est le grand paradoxe du  NIMBY institutionnel  : non plus celui, légitime, des riverains qui s’inquiètent des futures constructions. Mais celui, abstrait et froid, des planificateurs.

    • On reconnaît que les prix explosent (la rareté).
    • On voit les jeunes ne plus pouvoir se loger (l’exclusion).
    • On constate que la demande est là (la file d’attente).

    Mais on refuse de remplir l’étal.

    Pourquoi ce blocage ?

    Parce que remplir l’étal (densifier, upzoner, autoriser un étage de plus) :

    1/ vient bousculer le confort de ceux qui sont déjà  à l’intérieur  du marché, chez qui le planificateur prend ses ordres,

    2/ n’est pas conforme à la nouvelle idéologie de la sobriété simpliste appliquée à tout indistinctement… c’est-à-dire même aux biens manifestement en pénurie !

    Sous couvert de  préservation du caractère  ou de  cohérence du tissu , on maintient une rareté artificielle. On préfère expliquer aux gens qui attendent dans la file que leur problème n’est pas un manque de produits, mais un  mauvais ciblage de la demande .

    Sortons du dogme.

    La ville doit redevenir cet étal généreux, capable d’accueillir tout le monde, et pas seulement ceux qui ont eu la chance d’arriver avant que les vannes ne soient fermées.

    Bonne réflexion !