La West Coast : atout majeur de la France qui vient ?

Options pour 2030
Publié le 08/01/26
Mis à jour le 08/01/26
3min de lecture

La France nous semble en panne pour deux raisons.

  1. D’une part, à cause d’une illusion statistique.
  2. D’autre part, à cause d’une nostalgie persistante de la géographie d’il y a deux siècles.

À l’échelle nationale et à l’horizon 2100, la démographie française sera globalement stable.

Ce fait est probable. Mais il est trompeur.

Il produit l’illusion d’une stagnation territoriale, comme si un pays qui ne croît plus numériquement dans son ensemble était condamné à demeurer stationnaire, englué dans la configuration qu’il vient tout juste de prendre dans cette 2ème moitié du 20ème siècle.

Or c’est bien l’inverse qui se produit sous nos yeux. Depuis une petite dizaine d’années en particulier.

La France se recompose.

Des migrations internes massives redistribuent population, emplois et trajectoires de vie. Un mouvement suffisamment intense et avec des réserves suffisantes pour structurer durablement l’espace national.

L’un de ses révélateurs les plus nets est la façade atlantique. De la frontière basque à la Bretagne, se forme progressivement un arc territorial qui concentre croissance démographique, création d’emplois, attractivité résidentielle et touristique, mais aussi tensions foncières, conflits d’usage et crispations politiques de territoires qui ne sont pas encore prêts, pas préparés à accueillir.

C’est ce phénomène que j’ai proposé d’appeler la French West Coast.

Aujourd’hui la French West Coast n’est ni un projet ni un plan. Ce n’est pas non plus une stratégie concertée.

C’est, plus profondément, un mouvement organique.

Organique parce qu’il résulte de l’agrégation de milliers de décisions distribuées : ménages, entreprises, touristes, désirs et arbitrages résidentiels comme professionnels. Ce sont des décisions mûrement réfléchies. Massives.

En 1971 le 1er scénario prospectif de la DATAR redoutait une désertification de l’Ouest français.

Et pourtant, aujourd’hui, la forme cohérente qui émerge de façon organique produit l’exacte réalité inverse.

C’est précisément ce caractère organique qui nous met en difficulté.

La culture française de l’aménagement est profondément marquée par l’idée d’équilibre (si l’on omet le rôle de Paris…) et de répartition homogène.

Or la recomposition en cours, émergente, contredit frontalement ce schéma. C’est l’Ile-de-France qui alimente, en large partie, les flux vers la côte ouest.

Un phénomène qui produit une dissonance collective.

D’un côté, une côte ouest désirable, célébrée par les images, les récits, les classements. De l’autre, ces mêmes territoires expriment un sentiment de saturation : difficulté à se loger, montée des prix, conflits autour de projets pourtant modestes, réflexes de fermeture, discours de rejet de l’accueil.

Serons-nous capables, collectivement, de transformer cette recomposition territoriale organique, déjà en cours, en un atout stratégique ?

Pour la France, l’Europe et chacun d’entre nous ?

Rejoignez la discussion