La première couronne de Bordeaux peut-elle redevenir accessible aux familles de la classe moyenne ?

Décryptages
Publié le 23/02/26
Mis à jour le 23/02/26
2min de lecture
La première couronne de Bordeaux peut-elle redevenir accessible aux familles de la classe moyenne ?
Villes Vivantes
  • 1. Bruges : un emplacement idéal pour les familles
  • 2. L’offre, en février 2026
  • 3. Le pouvoir d’achat
  • 4. Le verrou
  • 5. La clé
  • 6. Le choix

1. Bruges : un emplacement idéal pour les familles

Une jolie commune limitrophe de Bordeaux :

  • qui compte un peu plus de 20’000 habitants,
  • desservie par le tram A (direction le centre de Bordeaux en une vingtaine de minutes).
  • des milliers d’emplois accessibles en TC,
  • un emplacement stratégique, recherché, parfaitement connecté.

Bref, tout ce que les actifs recherchent aujourd’hui.

2. L’offre, en février 2026

Regardons maintenant les possibilités de se loger pour une famille.

  • Une vingtaine terrains à vendre sur Leboncoin,
  • Prix du terrain : entre 200’000,00€ et 350’000,00€ (oui, le terrain seulement !),
  • Concernant les maisons dans l’ancien : on compte un peu plus d’une centaine d’annonces de maisons à vendre,
  • Dont seulement 13 à moins de 350’000,00€.

Treize (de 40m², 60m²… ou avec beaucoup de travaux).

3. Le pouvoir d’achat

Un couple avec deux enfants aux revenus médians en Gironde peut financer un projet d’environ 320’000,00€ en s’endettant sur 25 ans, avec 50’000,00€ d’apport.

Cela signifie que la majorité des familles peut, difficilement, acheter au dessus de 320’000,00€.

Le marché des maisons de Bruges, lui, propose principalement des biens à 400’000,00€, 500’000,00€, 600’000,00€ et plus.

4. Le verrou

Ces prix ne sont pas un accident.

Ils sont le fruit d’une mécanique.

À Bruges, une charte Architecturale et Paysagère interdit les terrains de moins de 300m².

Cette règle paraît bénigne. Mais elle est décisive.

Si l’on impose 300m² de taille minimale pour un terrain, celui-ci vaut, au regarde de la rareté des terrains à bâtir Pourquoi un terrain à bâtir vaut-il 20 fois plus à Annecy qu’à Mirecourt… alors que le logement n’y vaut “que” 7 fois plus ? Pourquoi un terrain à bâtir vaut-il 20 fois plus à Annecy qu’à Mirecourt… alors que le logement n’y vaut “que” 7 fois plus ? dans la métropole bordelaise, entre 200’000,00€ et 300’000,00€ aujourd’hui.

Et si le terrain vaut déjà quelques 250’000,00€, et si construire une maison familiale coûte au minimum 200’000,00€, il devient évidemment impossible de produire une maison familiale à 320’000,00€.

Ni même à 400’000,00€.

Avant même de parler de spéculation, la règle a en fait déjà sélectionné les acheteurs.

5. La clé

Imaginons un instant que l’on autorise des terrains de 100 à 200m². On pourrait ramener la valeur d’un terrain autour de 100’000,00€ à 150’000,00€.

Sur lequel on peut construire une maison compacte à 200’000,00€.

Et nous voici avec un prix final autour de 300’000,00€ à 350’000,00€.

Même commune.

Même tram.

Même accès à Bordeaux.

Mais avec dix fois plus de terrains à bâtir,

deux foix moins cher.

C’est-à-dire,

6. Le choix

Au vu du caractère stratégique de l’emplacement de Bruges, veut-on :

  • 1/ Un club ++ avec un ticket d’entrée minimum à 500’000,00€… ?
  • 2/ Une ville et une métropole accueillantes pour les familles des classes moyennes avec des biens à partir de 300’000,00€ ?

Parce qu’en matière de logement,

la règle ne fait pas que dessiner la ville.

Elle choisit qui peut y vivre.

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