Peut-on résoudre la crise du logement dans un territoire aussi attractif que celui du Bassin d’Arcachon sans construire plus ?

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3 min de lecture  |  Publié le 28/04/2023 sur | Mis à jour le 27/07/23

Si 67% des habitants adhèrent à l’idée qu’il n’y a pas suffisamment de logements…

J’ai eu le plaisir de participer, en mars 2023, à la conférence sur la crise du logement au Pays Basque organisée par Sud Ouest. À Biganos, je me prête au même exercice sur le Bassin d’Arcachon…

“Il n’y a pas assez de logements mais il ne faut pas construire…” s’exprimaient, non sans un certain goût du paradoxe, les Basques…

Et les habitants du Bassin, qu’en pensent-ils ?

“67 % adhèrent à l’idée qu’il n’y a pas suffisamment de logements”

…ils sont moins nombreux à approuver la construction de nouveaux logements

Mais comme au Pays Basque, les réponses qui consistent à “libérer des terrains, construire davantage en densifiant ou en faisant du vertical, recueillent des suffrages marginaux” : respectivement 14%, 12% et 4%…

Ce qui demeure très très éloigné d’un consentement généralisé à la construction de nouveaux logements sur le territoire !

Non sans raison, l’essentiel des discussions portera donc sur les locations touristiques, les logements vacants, et sur l’hypothèse d’une sorte de priorité accordée à ceux qui résident depuis un certain temps sur le territoire…

Tant que le réservoir est “troué”, l’opinion publique a des difficultés à s’imaginer comment le “remplir” pourrait aider à résoudre la situation !

Mais une fois colmatées les brèches, il nous faudra revenir aux questions plus délicates à aborder : demain, à l’heure du ZAN, où et comment construirons-nous ?

Réapprenons l’art de bâtir des villages

Existe-t-il un monde où :

  • la vie continuant de s’écouler, même doucement, dans un pays attractif, ne pas construire ne conduirait pas à une rareté accrue des biens ?
  • la rareté accrue des biens ne conduirait pas à une forme de spéculation ?
  • la spéculation n’engendrerait pas de hausse généralisée des prix ?

Je ne le crois pas.

Mais alors, existe-t-il :

  • des formes de constructions supplémentaires qui ne dénatureraient pas les cadres de vie existants mais qui, au contraire, les embelliraient ?
  • des nouveaux voisins qui n’aggraveraient pas les conditions de vie mais qui, au contraire, les amélioreraient en supportant et en rendant économiquement viable l’émergence de nouveaux commerces, services et équipements ?
  • des modes de croissance des villes et villages qui ne produiraient pas des biens toujours plus chers mais qui, au contraire, seraient capables de proposer, au moins en partie, des offres immobilières abordables pour les jeunes, les actifs et les familles ?

Oui, je le crois.

Comme j’ai pu en débattre au Pays Basque, les exemples de développement récents ne plaident pas en faveur d’un tel scénario.

Les déceptions sont nombreuses, construire n’a pas la cote, très certainement pour de justes raisons, dont un manque de maîtrise.

Ce que les anciens ont su faire en développant et en faisant grandir des villages, nous n’avons pas su le faire avec nos résidences, nos lotissements, nos divisions anarchiques.

À nous de ré-apprendre l’art du village.

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