French West Coast : ouvrir les options logement pour décarboner les mobilités ?

Options pour 2030
Publié le 03/02/26
Mis à jour le 03/02/26
2min de lecture
French West Coast : ouvrir les options logement pour décarboner les mobilités ?
Xavier Timbeau

Conférence de Xavier Timbeau au colloque Organic Cities II : French West Coast (Rennes, sept. 2025)

  • Introduire l’emplacement pour sortir des moyennes
  • Le vrai levier : ouvrir l’espace des options

Ces derniers jours, nous avons évoqué :

  • le besoin en logements pour équilibrer l’accueil des ménages, et en particulier celui des actifs, sur la Côte Ouest (Lucas Pouvreau)
  • la capacité d’accueil par densification douce (Thomas HANSS)
  • la réforme nécessaire de notre planification pour qu’elle devienne un facteur de viabilité (Julien MEYRIGNAC)

Dans un monde d’aléas où  revenir à l’état initial  n’est plus garanti, la ruée vers l’Ouest est peut-être l’embryon d’une transformation territoriale que nos plans n’avaient pas anticipée.

Je propose d’avancer d’une étape : de la viabilité au progrès.

Avec la brillante démonstration de Xavier Timbeau à Organic Cities II qui montre que densifier peut devenir un levier climatique, à condition de sortir :

  1. du piège des moyennes,
  2. de l’idée selon laquelle planifier consiste à  forcer  des comportements.

Introduire l’emplacement pour sortir des moyennes

Le graphique Newman / Kenworthy (densité vs carburant), bien connu, a largement fondé le modèle de la  ville compacte .

Puis les économistes ont  refroidi  le sujet : le lien existe, mais il est faible (élasticité ≈ 0,1).

+10% de densité → -1% d’émissions.

Conclusion :  ne dépensez pas votre capital politique là-dessus .

À La Rochelle, l’OFCE et Villes Vivantes ont modélisé les mobilités du quotidien à maille fine (carreaux 200 m x 200 m), en intégrant voiture, vélo, transports en commun, et les motifs ordinaires (travail, courses, école, etc.).

Résultat : entre les 10% qui émettent le moins et les 10% qui émettent le plus sur leurs trajets domicile-travail, le ratio est de 1 à 4.

Certains ménages parcourent ~10’000 km/an en voiture juste pour le travail.

Mais surtout, l’élasticité du lien densification / émissions change de signe selon l’endroit :

  • Secteurs éloignés de la ville-centre : élasticité = +1
    + 10% de population → +10% de km en voiture
  • Quartiers denses proches des emplois : élasticité = -1
    + 10% de population → -10% de km parcourus en voiture à l’échelle du territoire

Donc l’élasticité  0,1  n’est pas une loi. C’est le résultat d’une localisation moyenne de la croissance.

Le vrai levier : ouvrir l’espace des options

Mais même ces élasticités de +1 et -1 résultent de moyennes spatiales.

Dans la vraie vie, les ménages arbitrent leur lieu de vie selon des géographies complexes : les deux emplois d’un couple peuvent être à Niort / La Rochelle, La Rochelle / Rochefort, La Rochelle centre / 1ère couronne, etc.

  • Quand l’offre de logements est rare, les ménages n’optimisent pas : ils prennent ce qu’ils trouvent.
  • Le climat souffre d’un manque d’options réelles. Il souffre de la sobriété.

Densifier aux bons endroits ne signifie pas à  forcer  des comportements mais multiplier les options pour permettre des arbitrages bas carbone parce que sur mesure.

Nous avons besoin de densité Plaidoyer pour la densité Plaidoyer pour la densité .

Et d’optionalité Fine granularité, optionalité et densification Fine granularité, optionalité et densification .