Ces derniers jours, nous avons évoqué :
- le besoin en logements pour équilibrer l’accueil des ménages, et en particulier celui des actifs, sur la Côte Ouest (Lucas Pouvreau)
- la capacité d’accueil par densification douce (Thomas HANSS)
- la réforme nécessaire de notre planification pour qu’elle devienne un facteur de viabilité (Julien MEYRIGNAC)
Dans un monde d’aléas où revenir à l’état initial
n’est plus garanti, la ruée vers l’Ouest est peut-être l’embryon d’une transformation territoriale que nos plans n’avaient pas anticipée.
Je propose d’avancer d’une étape : de la viabilité au progrès.
Avec la brillante démonstration de Xavier Timbeau à Organic Cities II qui montre que densifier peut devenir un levier climatique, à condition de sortir :
- du piège des moyennes,
- de l’idée selon laquelle planifier consiste à
forcer
des comportements.
Introduire l’emplacement pour sortir des moyennes
Le graphique Newman / Kenworthy (densité vs carburant), bien connu, a largement fondé le modèle de la ville compacte
.
Puis les économistes ont refroidi
le sujet : le lien existe, mais il est faible (élasticité ≈ 0,1).
+10% de densité → -1% d’émissions.
Conclusion : ne dépensez pas votre capital politique là-dessus
.
À La Rochelle, l’OFCE et Villes Vivantes ont modélisé les mobilités du quotidien à maille fine (carreaux 200 m x 200 m), en intégrant voiture, vélo, transports en commun, et les motifs ordinaires (travail, courses, école, etc.).
Résultat : entre les 10% qui émettent le moins et les 10% qui émettent le plus sur leurs trajets domicile-travail, le ratio est de 1 à 4.
Certains ménages parcourent ~10’000 km/an en voiture juste pour le travail.
Mais surtout, l’élasticité du lien densification / émissions change de signe selon l’endroit :
- Secteurs éloignés de la ville-centre : élasticité = +1
+ 10% de population → +10% de km en voiture - Quartiers denses proches des emplois : élasticité = -1
+ 10% de population → -10% de km parcourus en voiture à l’échelle du territoire
Donc l’élasticité 0,1
n’est pas une loi. C’est le résultat d’une localisation moyenne de la croissance.
Le vrai levier : ouvrir l’espace des options
Mais même ces élasticités de +1 et -1 résultent de moyennes spatiales.
Dans la vraie vie, les ménages arbitrent leur lieu de vie selon des géographies complexes : les deux emplois d’un couple peuvent être à Niort / La Rochelle, La Rochelle / Rochefort, La Rochelle centre / 1ère couronne, etc.
- Quand l’offre de logements est rare, les ménages n’optimisent pas : ils prennent ce qu’ils trouvent.
- Le climat souffre d’un manque d’options réelles. Il souffre de la sobriété.
Densifier aux bons endroits ne signifie pas à forcer
des comportements mais multiplier les options pour permettre des arbitrages bas carbone parce que sur mesure.
Nous avons besoin de densité
Plaidoyer pour la densité
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Et d’optionalité
Fine granularité, optionalité et densification
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