A Saint Ganton (35550), Le tilleul, derrière la Mairie, est maintenant largement fleuri, et le Châtaignier de La Belle Alouette (photo) s’est lancé ce 27 mai. Une première que ce chevauchement floral pour ces deux champions mellifères.
Toutes les floraisons ont avancé, et se sont compactées. On en est à 40 jours d’avancement depuis les années 60 en cette année au printemps exceptionnel…
Nous restons une des plus précoces des communes bretonnes, de celles où se constituaient les équipes de faucheurs de foin et de blé, et d’où partent maintenant les grosses machines moissonneuses, vers l’Ouest plus tardif.
Et comme partout, en Ille-et-Vilaine, le paysage a bien changé : haies raréfiées, délaissés et ronciers nettoyés, bas côtes routiers en constante réduction du nombre d’arbres.
L’agriculture a spécialisé ses cultures vers bien moins de fleurs (pâtures labourées et fin des fleurettes, semis de ray-grass et maïs… restent un peu de trèfle blanc et des contrats de sarrasin).
Le manque de fleurs résultant de tout ça, va s’aggraver encore par avancement progressif des floraisons (en route vers les +3°C) ; et va induire moins de ressources aux insectes, pollinisateurs en tête. En particulier, le trou floral estival va devenir évident.
Faisons un calcul simple : si 80 % de nos floraisons étalées autrefois sur 5 mois (150 jours) le sont maintenant sur 110 jours, ce sont déjà quasiment 20 % de ressources florales perdues pour la biodiversité qui en dépend…
Une paille, surement sous estimée : on ne sait toujours pas calculer le nombre de fleurs, et la quantité de pollens offerts qui font la biodiversité plus ou moins riche de nos paysages.
En tout cas, pas besoin de faire un dessin : il faut refleurir le paysage.
- Garder et régénérer le local : ronces, ajoncs, lierre, fleurettes des délaissés,
- Laisser en paix la végétation
inutile
, donc limiter les sorties d’épareuses.. - Prioriser une agriculture à fleurs : avec prairies naturelles, tournesol, sarrasin, trèfle, luzerne…
Et enfin, planter partout des migrants (le végétal local seul est insuffisant face au climat et aux besoins de la biodiversité), des arbres et arbustes fleurissant après le châtaignier…et y en a beaucoup, (on a les noms, dirait Coluche !)
PS : le petit châtaignier de la belle Alouette, qui a grandi à l’abri du poteau téléphonique, adresse un message perso à la DIR 35 : les poteaux stoppent vos épareuses, gardez les !… (par défaut, N’enterrez plus les lignes…).
Ils sont la seule défense face à la stupide gestion du végétal routier en cours. Nulles régénérations, nulles re-plantations pour renverser la tendance à la désertification lente mais implacable : d’ailleurs, où seraient les pépinières pour remplacer ces biens collectifs
condamnés au nom d’une rationalité administrative à courte vue et si peu imaginative.