Étape du Bosphore sur la route de la Soie : le grand noisetier de Byzance

Cadres de vie
Publié le 20/07/26
Mis à jour le 20/07/26
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Étape du Bosphore sur la route de la Soie : le grand noisetier de Byzance
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La route de la Soie passe par le Bosphore, ce canal étroit entre mer Noire et Méditerranée, qui délimite l’Europe de l’Asie par convention géographique. Là se trouvait Byzance (devenue Istanbul) qui des siècles durant concentra les richesses des deux versants, y compris les végétales, dont celles venant du Caucase, du Sud, via la Syrie, et de l’Est, via l’Iran. Un melting-pot auquel nous devons l’essentiel de nos fruitiers et la majorité de nos cultures.

De toutes ces richesses végétales, certaines restent à valoriser pour nos migrations assistées : le premier cas rapporté ici est celui du Corylus colurna, le bien nommé noisetier de Byzance.1


Yves Darricau
Figure n°1 : Une floraison précoce en châtons généreux en pollen

Un noisetier à feuilles tendres, noisettes comestibles, et floraison précoce en généreux chatons riches en pollen ; bref, tout comme… mais en arbre, capable de monter à 20 m, et ce, de façon impeccablement verticale, y compris sous couvert !


flickr.com | Andreas Rockstein
Figure n°2 : Un Corylus colurna au Stade de Sarrebruck, Allemagne

Sa zone de vie (du chaud, du sec, à 700 mm, voire moins) en fait un candidat à la migration pour nos terroirs du Sud en souffrance : il a servi de porte-greffe (sans drageons) pour nos noisetiers et on le voit encore trop modestement dans des rues de nos villes, où il montre son adaptabilité aux dures conditions à venir.

On devine aisément qu’il a un avenir agroforestier indéniable : il apporte du pollen précoce ; des ressources pour la petite faune, du bois de qualité… et des fruits à ne pas négliger (des noisettes à coque très dure mais goûteuses…).


Yves Darricau
Figure n°3 : Des noisettes dures mais goûteuses

Il a sa place dans tous nos paysages, facile à intégrer en haies, en bosquets et bois mixtes, en alignements de rues, en sols pauvres à restaurer…

Pour sa venue dans nos jardins, on privilégiera le cultivar d’Alapli en Turquie (une sélection paysanne à coque fine et grande qualité gustative, repérée par l’association Slow Food2). Il faudra aller l’y chercher tant ce magnifique noisetier en arbre reste marginal malgré ses caractéristiques de robustesse et ses apports écologiques.

Et il est beau ; alors vite, votons son reclassement dans notre palette à planter pour le futur !


Notes :

  1. M. Šeho, S. Ayan, G. Huber, et G. Kahveci,  A Review on Turkish Hazel (Corylus colurna L.): A Promising Tree Species for Future Assisted Migration Attempts , South-east European forestry 10, n° 1 (2019) : 53-63.
  2. Fondation Slow Food pour la Biodiversité,  Alapli Hazelnut , Ark of Taste, consulté le 17 juillet 2026.