Comment la planification urbaine devient-elle un levier de développement tangible ?

Espaces littoraux
Publié le 24/08/26
Mis à jour le 24/08/26
2min de lecture
Comment la planification urbaine devient-elle un levier de développement tangible ?
Patrick Lamson-Hall

Ethiopie

  • Qu’est-ce qu’on peut voir ?
  • Le croiriez-vous ?
  • Arrivez-vous à l’imaginer ?
  • Que s’est-il passé ?

De nouveaux habitants affluent en masse vers des villes comme Jigjiga et Tog Wajaale, dans la région somali d’Éthiopie. Ils viennent y travailler, y commercer, y vivre. Alors que la plupart des villes croissent de façon fragmentée et sans réelle maîtrise, ces municipalités, elles, se sont dotées d’un Plan d’Expansion Urbaine.

Qu’est-ce qu’on peut voir ?

Pour 400 dollars le kilomètre, les services techniques municipaux tracent, à l’aide d’engins de voirie, des axes artériels en périphérie de la ville : la terre est nivelée, l’herbe repousse sur les voies, des fossés bordent les côtés. Le résultat est presque invisible — mais fin prêt.

Le croiriez-vous ?

Ces terrains autrefois vides se retrouvent désormais reliés au cœur de la ville. Les parcelles commencent à s’acheter et à se vendre. En six mois à peine, une piste saisonnière apparaît dans l’emprise réservée, des maisons et des commerces sortent de terre, des transports collectifs informels desservent les nouveaux arrivants, et les premiers branchements électriques — encore informels — se mettent en place. D’abord le plan, ensuite le développement.

Arrivez-vous à l’imaginer ?

Les nouveaux habitants savent qu’ils s’installent dans un développement reconnu, encadré par les pouvoirs publics. Avec le temps, ils réclament de meilleurs services : en deux ans, une route en gravier praticable toute l’année voit le jour, ainsi que des marchés, des écoles, des dispensaires. Les baraques en tôle cèdent peu à peu la place à des maisons en dur, les raccordements électriques se formalisent, et la municipalité commence à percevoir la taxe foncière, à mesure que la valeur des terrains grimpe. C’est une urbanisation viabilisée — mais sans les crises de trésorerie qui l’accompagnent habituellement.

Que s’est-il passé ?

La ville a tracé un plan. Une terre nue est devenue un quartier, les investissements ont suivi, et la pression démographique — au lieu de nourrir des bidonvilles — a été canalisée vers un développement formel. Avec le temps, les recettes municipales progressent là où l’on aurait pu craindre des déficits ; la ville réinvestit dans les infrastructures ; les habitants consolident leurs maisons et développent leurs commerces. Résultat : une ville plus prospère, où les opportunités se multiplient pour tous. Voilà comment la Planification de l’Expansion Urbaine transforme un simple tracé en levier de développement tangible : une technique simple, pour des résultats considérables.

Ces photos, prises lors de ma récente mission de terrain en Éthiopie, montrent cette réalité concrète : une transformation continue, portée par la base mais guidée depuis le sommet. À l’Africa Urban Lab, nous nous employons à accompagner les villes africaines dans l’élaboration et la mise en œuvre de leurs propres Plans d’Expansion Urbaine — à l’image de Jigjiga et Tog Wajaale.


Patrick Lamson-Hall

Patrick Lamson-Hall

Patrick Lamson-Hall
Rejoignez la discussion