Cette illustration soulève une question cruciale pour l’avenir de nos villes : quel modèle urbain favorise réellement, et non pas simplement, théoriquement, la transition écologique des couronnes périurbaines de nos villes ?
La réponse tient dans l’infrastructure parcellaire qui va permettre la transition des usages : le réapprentissage et la diversification des pratiques du jardinage à la française
.
À première vue, on pourrait penser qu’un grand jardin est forcément plus favorable à la nature qu’une série de petites parcelles.
Mais détrompons-nous : l’automatisme n’existe pas. On peut trouver de grands domaines sauvages et foisonnants, tout comme de petits jardins urbains complètement stériles, recouverts de gazon synthétique ou de béton.
Ou bien l’inverse, comme l’illustre cette image.
La vraie question n’est pas celle de la surface (qu’il faudrait à tout prix figer à l’aide de multiples coefficients à intégrer au nouveau PLUi…) mais plutôt celle du bon support pour l’évolution de nos pratiques.
Grands jardins d’hier, petits jardins de demain ?
Avec une population française qui vieillit et un pouvoir d’achat qui s’érode, le grand jardin finit par imposer une gestion par défaut, souvent délétère.
Les surfaces sont trop vastes pour être entretenues manuellement par les propriétaires.
Le résultat ? Une gestion par simplification
: tonte mécanique, recours aux herbicides pour gagner du temps, uniformisation paysagère. Le grand jardin devient paradoxalement un espace de non-usage
où la biodiversité s’efface devant la contrainte de l’entretien.
À l’inverse, la densification douce crée une infrastructure parcellaire différente, plus propice à une biodiversité riche :
1. L’appropriation par le jardinage : avec une petite surface, le rapport au sol change. On passe d’un entretien subi
à un jardinage choisi
Transformer un petit jardin urbain de 200m² en havre de biodiversité : l’histoire d’une reconquête écologique
. C’est l’échelle parfaite pour le réapprentissage du vivant.
2. La diversité sociologique : les parcelles plus petites sont bien plus abordables que les grandes, elles deviennent accessibles aux familles
La première couronne de Bordeaux peut-elle redevenir accessible aux familles de la classe moyenne ?
mais aussi à tous ceux qui vivent en couple ou seuls ; plus de maisons et plus d’habitants signifient une plus grande variété de regards et de pratiques.
3. L’effet mosaïque
: l’écologie nous enseigne que la diversité des habitats est essentielle. La multiplication des petites parcelles jardinées selon les pratiques de chacun peut créer une mosaïque riche, hétérogène, propice à la biodiversité.
En densifiant intelligemment (opérations BIMBY), on crée, progressivement, et avec les habitants eux-mêmes, le support nécessaire à une transition des usages.
Plus d’habitants, c’est :
- plus d’intelligence sensible au mètre carré,
- plus de mains pour planter,
- et une meilleure appropriation de la culture du jardin
Et si le jardin en ville cessait d’être un privilège ?
.
En commentaire : voici ce qu’on peut faire en permaculture sur une parcelle de 200 m², en ville !
Note :
📖 Hanss, T. Épargner et partager : les deux clés qui peuvent faire de la densification douce un outil au service du renforcement de la biodiversité. Organic Cities Papers. Consulter la méta-analyse.












