Aménagement durable du territoire : les Français sont-ils prêts ?

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3 min de lecture  |  Publié le 17/02/2023 sur | Mis à jour le 17/05/23

37% des carreaux de 1km x 1km du territoire national sont inhabités (INSEE, 2017)

Beaucoup de Français sont prêts à se regrouper dans des espaces urbains / littoraux denses et mixtes, équipés et bien desservis dans lesquels il leur est possible d’accéder à une grande partie de ce dont ils ont besoin à pied ou à vélo.

Métropoles, villes moyennes et espaces ruraux : il y a du mouvement

Pour s’en convaincre on peut regarder :

  • les prix de l’immobiliers dans le coeur de la plupart des grandes métropoles : l’écart de prix entre le coeur et la lointaine périphérie n’a jamais été aussi important, ce qui veut tout simplement dire que la demande est très forte, bien plus forte que l’offre ;
  • la bonne dynamique des villes moyennes qui, dans le sillage du plan Action Coeur de Ville, et des évolutions des aspirations post-COVID, retrouvent une attractivité qu’elles avaient un moment perdu  ;
  • la carte de France des communes dans lesquelles, à l’inverse, les prix de l’immobilier sont inférieurs à 1600€/m2 … qui couvre en réalité la plus grande partie du territoire national.

Cela veut dire qu’à moyen terme, la présence humaine pourrait diminuer sur des parties importantes du territoire, et la nature en profiter pour reprendre une partie de ses droits ! 

“Il faut cultiver son jardin” : oui, mais lequel ?

En phase avec la conclusion de Candide à la fin du conte éponyme, beaucoup de Français sont également prêts vivre dans une maison dotée d’un tout petit jardin…

En effet, selon un sondage Kantar Public commandé par La Fabrique de la Cité, “dans l’idéal”, il est suffisant :

  • pour 37 % des Français d’avoir un petit jardin (inférieur à 250 m²)
  • pour 34 % d’entre eux, “d’avoir un jardin de taille moyenne (250 à 500 m²).
  • seuls 12 % des Français déclarent vouloir un grand jardin (500 à 1000 m²)
  • et 8 % un très grand jardin (supérieur à 1000 m²).

Ce qui veut dire que ce “regroupement” des habitants dans certaines parties du territoire pourrait se faire, assez facilement, par densification douce des espaces bâtis peu denses construits à proximité des coeurs urbains historiques, dont les jardins seront partagés : land sharing.

Autrement dit : les Français sont prêts, dès aujourd’hui, à limiter leur empreinte spatiale (baisse de l’occupation des sols, et baisse des mobilités du quotidien).

Un aménagement du territoire en défaut d’anticipation ?

Notre territoire, s’il présente des possibilités d’évolution immense, notamment au sein des espaces peu denses, n’est pas encore “aménagé” pour accueillir, organiser et construire ce “regroupement”.

Il manque notamment :

  • des équipements, services etc. dans les secteurs amenés à accueillir des habitants supplémentaires et cette densification,
  • à l’inverse, des politiques de reconversion, de renaturation, dans les secteurs dans lesquels la présence humaine sera amenée à baisser en intensité,
  • un projet (des projets, ou un grand projet) ambitieux pour les secteurs littoraux et rétro littoraux qui connaissent, aujourd’hui déjà, des niveaux de pressions entraînant des dysfonctionnements sévères et des impacts importants sur un environnement fragile, mais également, sur des marchés du logement déjà en surchauffe.