La France n’a pas encore compris le génie de sa West Coast…

Perspectives
Publié le 13/03/26
Mis à jour le 13/03/26
3min de lecture
La France n’a pas encore compris le génie de sa West Coast…
Esri, USGS, NOAA, David Miet

Les bananes européennes.

Pendant des décennies, nos cours de géographie et d’économie nous ont appris à regarder vers l’Est.

Vers cette grande figure de la prospérité européenne : la fameuse banane bleue, ce corridor de richesse reliant le sud de l’Angleterre, la Ruhr, la Suisse et le nord de l’Italie, qui concentre à lui seul près d’un quart du PIB européen.

Mais regardons maintenant vers l’Ouest.

Une autre forme se dessine.

Un arc discret, puissant, qui part du Pays basque espagnol, remonte par Biarritz, Bordeaux, La Rochelle, Nantes, Rennes… et file jusqu’aux côtes bretonnes.

  • Un littoral ;
  • Une façade ;
  • Un monde.

J’ai proposé d’appeler cet ensemble la French West Coast.

Et contrairement à ce que son nom pourrait laisser croire, ce n’est ni un slogan touristique, ni un projet d’aménageur 

  • C’est d’abord un phénomène organique ;
  • Personne ne l’a planifié ;
  • Personne ne l’a dessiné.

Mais des millions de décisions individuelles, d’entreprises, d’étudiants, de familles, de médecins, d’entrepreneurs… sont en train de le produire sous nos yeux.

Depuis dix ans :

  • une part massive des mobilités résidentielles françaises se dirige vers l’Ouest avec des départements littoraux dont la population croît 4 fois plus vite que dans le reste de la France ;
  • l’arc atlantique crée 1/4 des emplois français ;
  • les actifs les plus mobiles (médecins, auto-entrepreneurs…) convergent naturellement à l’ouest, et bien d’autres aimeraient suivre.

La géographie française est en train de se reconfigurer.

Et ce phénomène n’est pas seulement économique : il est aussi héliotropique, climatique, culturel et presque anthropologique.

  • La brise de l’océan tempère les étés ;
  • Les paysages ouvrent l’horizon ;
  • Les villes restent humaines ;
  • Les densités sont encore timides ;
  • La West Coast française respire, et attire.

Dans un monde où les talents, mais aussi les actifs dans leur ensemble, comme les retraités, choisissent d’abord où vivre avant de choisir quoi faire, cela change tout Plus nos vies deviennent virtuelles, plus l’emplacement réel devient vital Plus nos vies deviennent virtuelles, plus l’emplacement réel devient vital .

Bien sûr, cette attractivité produit aussi des tensions.

Un classique.
Toutes les régions attractives du monde ne passent-elles pas par là ?

Mais derrière ces tensions se cache une question plus stratégique pour la France.

Dans un moment historique où beaucoup de nos avantages s’érodent (industriels, technologiques, démographiques…), la géographie française, et l’incroyable diversité de ses cadres de vie, ne sont-elles pas en train de devenir l’un des grands atouts de la nation — et peut-être du continent européen — pour les décennies à venir ?

  • Une façade atlantique magnifique ;
  • Des métropoles vivantes ;
  • Un territoire déjà habité, presque partout ;
  • Une qualité de vie capable d’attirer tous les talents et forces vives sur lesquelles nous comptons pour construire la France qui vient.

La French West Coast n’est pas qu’une tendance.

C’est peut-être l’une des plus grandes chances françaises du XXIème siècle.

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