Le chemin du désir Français

Décryptages
Publié le 16/01/26
Mis à jour le 16/01/26
3min de lecture
Le chemin du désir Français
David Miet

    Dans les années 1930, la doctrine fonctionnaliste émerge en urbanisme : ce sont désormais des professionnels patentés et autoproclamés qui vous disent où vous devez dormir, travailler, vous récréer.

    Simple : un espace, une fonction.

    Hygiénique : tout est séparé, éloigné, on ne mélange pas les fonctions.

    Et les bâtiments sont éloignés les uns des autres pour laisser passer le vent et le soleil.

    Finit les cloaques urbains.

    100 ans plus tard, les urbanistes et les penseurs de l’aménagement du territoire persistent et signent.

     Ah mais qu’est-ce qu’ils sont tous à vouloir s’entasser dans les mêmes endroits alors qu’il serait si facile d’aménager proprement le territoire en pôles égaux. 

    Lorsque l’on regarde où vont les médecins (première carte), on voit la côte ouest (française) nous sauter au yeux comme le nez au milieu de la figure.

    Si l’on dessine la carte du mouvement des auto-entrepreneurs, ou des ménages payant l’impôt sur le fortune, nous voyons cette même  ruée vers l’ouest .

    Les individus et les familles les plus libres, les plus autonomes, mettent le cap à l’ouest.

    C’est une chance pour notre économie contemporaine, qui a besoin de lieux urbains denses et connectés rassemblant les talents, les initiatives, les forces vives du pays dans des lieux bien équipés et desservis, aux infrastructures efficaces.

    Un niveau d’intensité et de qualité de service qu’on ne pourra pas, évidemment, construire et maintenir dans l’ensemble du pays.

    Alors à quoi bon le promettre ?

    Si ce n’est à créer les déceptions, un ressentiment et un sentiment de déclassement de plus en plus fort ?

    On le voit sur les cartes de la démographie et des emplois (mais aussi sur celles des effectifs scolaires, des emplois industriels, etc.), c’est l’ensemble de la société française, une part importante de la France, qui désire vivre dans des lieux de plus en plus resserrés.

    Nous, Français, désirons nous regrouper spatialement.

    C’est une opportunité immense pour décarbonner le fonctionnement de nos territoires, réduire les distances parcourues, apprendre à vivre ensemble à nouveau, faire de la France LE pays où il fait bon vivre.

    Et nous redonner un enthousiasme collectif.

    Anticipons, aménageons, ouvrons les portes en grand.

    Ouvrons les options.

    Que ceux qui souhaitent vivre dans des territoires en décroissance, de plus en plus libérés de la présence humaine, puissent le faire.

    Et que ceux qui souhaitent vivre dans des territoires plus intenses, plus denses et prospères, puissent le faire également.

    Ne réservons pas cette deuxième possibilité aux plus fortunés, aux retraités parisiens, aux médecins, ou à ceux qui ont eu la chance de naître bretons, charentais ou basques.

    Dans tous les pays du monde aujourd’hui, nous observons une métropolisation et une littoralisation accrues.

    Le chemin du désir français ne fait pas exception.

    Pour une fois, amis urbanistes, ne pourrions-nous pas laisser les usagers nous montrer la voie ?

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