L’idée d’une densification douce des zones pavillonnaires ressurgit

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2 min de lecture  |  Publié le 12/04/2022 sur | Mis à jour le 02/06/23

Immobilier : l’idée d’une densification douce des zones pavillonnaires ressurgit

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Elsa Dicharry | lesechos.fr

“L’idée est ancienne …” certes ! Mais 10 après les premières avancés du BIMBY (un temps très court, en urbanisme) elle souffre toujours des mêmes idées reçues (héritées de feu l’urbanisme du 20e siècle) qui empêchent sa bonne compréhension.


En voici quelques unes, tirées de cet article qui a le mérite de remettre le débat sur l’établi :

  1. Le respect : si la puissance publique, et les urbanistes, et les professionnels de l’immobilier et de la construction, s’imaginent nouer un partenariat avec les habitants propriétaires des micro-fonciers situés dans les premières couronnes des grandes agglomérations, il faut apprendre à s’adresser à eux avec respect. Ce ne sont pas de “petits propriétaires de banlieue”. Et non “si on se contente d’ajouter une seconde maison là où il y en avait une” on ne va PAS “ajouter un second ‘gilet jaune’ là où il y en avait un”. Franchement … La crise sanitaire a montré combien ces maisons du périurbains sont appréciées, désirées, comment elles peuvent répondent aux aspirations profondes d’une certain nombre de ménages. En matière de densification douce, l’enseignement des premières expérimentations BIMBY fut simple : la condescendance n’a pas sa place dans ce processus.

  2. L’initiative de l’habitant : sauf dans les rares secteurs où l’on envisage une expropriation, on ne peut pas dire qu’« il ne faut pas rester dans une approche de fonds de jardin », mais qu’il faudrait « penser un projet et établir un contrat entre la mairie et les opérateurs » : ce sont les habitants qui possèdent le foncier. C’est eux qui choisiront leur opérateur et qui viendra habiter le fond de leur jardin ! Et ils le feront s’ils en ont le projet, le désir, le besoin. Il n’y a pas à les “convaincre de se lancer dans une telle entreprise” ni à lutter contre des “freins” mais plutôt à rendre possibles, faisables, séduisantes, des options qu’ils pourront saisir quand bon leur semble !

  3. L’opposition entre l’échelle de la parcelle et la vision globale d’un îlot, d’une quartier, d’une ville : qu’on revisite le processus de création et d’évolution de Manhattan pour se convaincre qu’une approche intelligente à la parcelle, par itérations successives, est pleine de vertus globales et beaucoup plus puissante que le dessin apriori, d’une forme urbaine finale, pour penser un projet urbain de qualité. Non, on ne peux pas dire que “si on fait ça maison par maison, on n’y arrivera pas.” Au contraire, l’urbanisme des villes compactes, se produit intelligemment, parcelle par parcelle… dans un cadre pensé. L’urbanisme de la densification ressemble plus, d’un point de vue logique, à la programmation d’un logiciel, qu’au dessin d’une aquarelle à grande échelle … pour le comprendre, il faudra une véritable révolution intellectuelle dans les professions de l’acte de bâtir !