La vacance du parc de logements : l’arbre qui cache la forêt ?
On parle beaucoup de la vacance, moins de la sous-occupation
du parc non vacant, et plus largement de l’inadaptation du parc occupé.
Celui-ci constitue pourtant un gisement abondant de projets de transformation, reconfiguration et même de création de nouveaux logements au sein des espaces déjà bâtis.
La vacance représente 8 % des logements en France selon l’INSEE, soit 3’000’000 de logements inoccupés pour des raisons diverses (mise en location, en attente de règlement de succession, sans affectation précise…)
.
Certes, des marges importantes se trouvent de ce côté-là, dans des quartiers ou territoires dans lesquels les chiffres montent à plusieurs dizaines de %, mais redescendre en dessous de 5 % ne sera pas possible ni souhaitable pour permettre la mobilité au sein du parc (et les valeurs dans les secteurs tendus sont déjà proches de ces 5 %).
Les résidences secondaires (10 % du parc) sont également un sujet.
Créer une nouvelle offre de logements adaptée sans consommer de terre naturelle et agricole
Mais ce sont surtout les logements sous-occupés (88 % des maisons individuelles et 45 % des logements collectifs d’après certaines études) qui constituent le contingent principal pour créer une offre adaptée sans consommer de terre naturelle et agricole1.
Et de façon contre-intuitive, il est plus facile de transformer un bien (sous)-occupé en accompagnant son propriétaire dans un projet de type Bimby
A la découverte du BIMBY : « Il faut chercher la ressource là où elle est »
(densification de la parcelle) ou Bunti
Comment donner envie à des familles de s’installer en centre-ville grâce au BUNTI ?
(reconfiguration du bâti existant) que de sortir de la vacance un logement vacant !
Plutôt que de concentrer les discours, les efforts et les moyens, sur les seuls logements vacants, aidons l’ensemble des propriétaires de biens à avancer d’une étape dans leur trajectoire résidentielle et, ce faisant :
- adapter le parc actuel aux besoins des ménages actuels (par exemple à l’âge, au souhait d’espaces extérieurs, de lumière, de bonnes performances énergétiques…) ;
- créer une offre nouvelle au sein du parc actuel, en densification ou en reconfiguration, sans exploiter de nouveaux fonciers et sans avoir à aménager et viabiliser de nouveaux espaces.
Notes :
- Gaspard, A. (Ademe) & Visier, J.-C. (CSTB). (2022, 3 juillet). Mieux utiliser les bâtiments existants, un enjeu clé de la transition. The Conversation.