Aménagement du territoire : 70% des élus pensent qu’il faut « changer de modèle »

Par
3 min de lecture  |  Publié le 31/05/2024 sur | Mis à jour le 05/06/24

Le ZAN, un problème de chemin, pas de destination

par

Frédéric Fortin | banquesdesterritoires.fr

La densification douce pour répondre aux défis climatiques, écologiques et sociétaux

Alors que le NIMBY bat son plein, et que la baisse effective de l’artificialisation des sols continue de se faire attendre, nous tenons au moins un consensus : il nous faut “changer de modèle” d’aménagement.

1615 élus locaux ont répondu au questionnaire soumis par la Fédération des SCoT du 29 mars au 15 avril 2024 :

  • si 68% d’entre eux souscrivent au principe de sobriété foncière,
  • ils ne sont que 43% à penser que le principe du ZAN est nécessaire,
  • mais le plus intéressant est qu’ils sont 70% à penser “qu’il n’est pas possible de répondre aux défis climatiques, écologiques et sociétaux sans changer de modèle d’aménagement.”

La densification douce, fondée sur l’accompagnement de porteurs de projets en autopromotion, en intensification diffuse du tissu urbain existant (BIMBY), en reconfiguration des bâtiments anciens (BUNTI), ou encore en opération d’aménagement (BAMBA), constitue l’une des propositions sur la table pour engager ce changement de modèle.

Elle repose sur :

  1. l’implication forte des habitants comme maîtres d’ouvrage des projets d’habitat ;
  2. des micro-projets conçus sur mesure, pour des habitants dont les besoins spécifiques, et les capacités financières, sont connues dès la phase de conception, ce qui permet, notamment, d’ajuster au mieux la réponse à la demande ;
  3. un modèle d’autopromotion guidée par des professionnels, qui permet un modèle économique différent et complémentaire de celui de la promotion immobilière, avec des coûts de sortie inférieurs.

A Clermont-Ferrand, la BAMBA produit avec ses habitants des logements abordables sur des terrains de moins de 250m2

Le graphe ci-dessous montre les données de l’opération BAMBA en cours à Clermont-Ferrand, conduite par Villes Vivantes au sein de l’éco-quartier La Grande Plaine, situé au nord de la ville : les habitants porteurs de projet sont reçus par des équipes d’urbanistes accompagnateurs qui développent avec eux leur programme et projet en phase amont, afin d’identifier leurs souhaits, leur capacité financière, et de dégager les options réalisables dans les conditions actuelles. Il en résulte des terrains découpés sur mesure en fonction de la conception de ces projets, dans un dialogue en triangle avec les maîtres d’oeuvre choisis par les habitants pour réaliser leur projet.

On observe, très nettement :

  • une réduction radicale de la consommation foncière, avec des terrains qui gravitent pour l’essentiel entre 150 et 250m2 quelle que soit la surface de l’habitation qui y est projetée,
  • et ainsi une réduction des budgets d’acquisition (terrain + construction) qui permet même à certains locataires du parc social de poursuivre leur parcours résidentiel en accédant à la propriété sans s’éloigner du coeur de l’agglomération.

A suivre, un quartier où chaque maison est conçue sur mesure, sur un terrain différent lui aussi découpé sur mesure, une forme urbaine organique produite par une grande diversité de maîtres d’oeuvre pour une esthétique renouvelée de la densité, qui sera peut-être l’une des clés, avec la qualité de l’emplacement, de sa désirabilité.