Je vous partageais dans mon précédent article une publication Villes Vivantes x OFCE sur les mobilités du quotidien des habitants du SCOT La Rochelle Aunis.
Elle permet de simuler l’effet d’une hausse du prix du carburant.
Avec +0,5 €/L à la pompe, les conséquences varient fortement selon l’endroit où l’on vit :
Pour une personne :
- +27 €/mois à La Rochelle ;
- +73 €/mois à Yves (2e couronne) ;
- +117 €/mois dans les territoires les plus dépendants de la voiture (Genouillé, à 49km de La Rochelle).
Aujourd’hui, je vous proposer de refaire l’exercice avec des hypothèses un peu musclées.
Non pas pour annoncer la catastrophe avant qu’elle arrive, mais pour tester la robustesse de notre modèle d’aménagement territorial.
Et surtout de celui que nous sommes en train de promouvoir dans nos documents de planification (comme le SRADDET) qui, très clairement, travaillent à freiner le regroupement spatial des activités, des emplois et des habitants dans des coeurs urbains bien équipés, denses… et non dépendants de la voiture.
Prenons une hypothèse plus difficile : +1 €/L à la pompe
Et regardons l’impact pour une famille de 4 personnes (toujours avec une voiture thermique consommant 6L/100 km, et sans réduction immédiate des mobilités).
Le résultat est sans ambiguïté.
Nous touchons très rapidement aux limites de ce qu’un ménage peut absorber.
Alors,
- Les habitants concernés baisseront leurs mobilités autant qu’ils le peuvent : mais il faudra toujours aller faire des cours, emmener les enfants à l’école, et aller travailler ;
- L’Etat viendra peut-être en aide avec des chèques énergie… distribués à tout le monde, quelle que soit votre adresse ?
Pour moi la conclusion d’un stress test
comme celui-ci est asymétrique :
1/ Il s’agit de simulations, réalisées par un modèle, reposant sur des hypothèses.
2/ Les chiffres qui ressortent sont des moyennes et ne reflètent pas la diversité des situations individuelles (types d’emploi, télétravail possible ou non, ménages dont un des membre travaille à La Rochelle et l’autre à Niort, etc.).
3/ Concrètement, cela veut dire que nous devons faire notre possible pour que les ménages, comme les entreprises, puissent arbitrer individuellement, selon leur propres contraintes, parmi une diversité d’options d’implantations possibles.
Nous ne devrions pas FORCER les ménages et les entreprises à se regrouper dans les coeurs urbains bien équipés et praticables en modes doux : ce sont sans doute des choix inadaptés pour certains.
Mais nous ne devrions pas, à l’inverse, EMPECHER les familles, et plus largement les ménages et les entreprises qui le souhaitent, de s’implanter aisément dans les lieux dans lesquels on peut se passer de sa voiture.
Premièrement parce que c’est une bonne façon de limiter nos émissions de CO2.
Deuxièmement, parce que quand nous repoussons des ménages à l’extérieur, nous les empêchons de réduire leur risque énergétique
La première couronne de Bordeaux peut-elle redevenir accessible aux familles de la classe moyenne ?
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C’est tout l’enjeu d’une réflexion vers une intensification stratégique
Intensification stratégique
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