Cela se voit dans les chiffres. Et en particulier dans la grande ruée vers l’Ouest qui s’accélère depuis 2015.
Cela veut dire une chose importante : le futur de l’économie française dépend, fondamentalement, du cadre de vie que nous serons capables d’offrir demain à tous ses acteurs. Tous.
Je viens de relire la conférence de Lucas Pouvreau au colloque Organic Cities II : French West Coast (Rennes, sept. 2025).
Elle met les mots, les chiffres, et surtout décrit finement les mécanismes à l’oeuvre : la French West Coast n’est pas trop attractive
. Elle est en réalité en sous-capacité.
1. La Côte Ouest croît 4 fois plus vite que le reste de la France métropolitaine.
De quoi alimenter le refrain : on accueille trop
. Sauf que cette croissance est d’abord migratoire.
La Côte Ouest est branchée
sur un flux massif en provenance d’Île-de-France : 230’000 personnes quittent l’IDF chaque année.
Et Lucas Pouvreau nous rappelle que 85% des Franciliens aux envies d’ailleurs envisagent de quitter Paris dans les 5 prochaines années.
La French West Coast, c’est une lame de fond.
2. Ceux qui viennent ne viennent pas chercher seulement le cadre de vie pour le cadre de vie
Un quart des créations d’emplois se fait sur la Côte Ouest.
Autrement dit, nous avons une machine économique qui accélère (y compris côté emplois industriels)… et une capacité d’accueil qui freine.
3. Le symptôme : la tension immobilière
- En 2014, les prix moyens sont identiques au reste de la France hors IDF.
- Dix ans plus tard, la Côte Ouest
décroche
avec +500€/m² d’écart.
La Côte Ouest accueille 4 fois plus vite que le reste du territoire (0,8%/an de croissance démographique de 2016 à 2022, contre 0,2%/an pour le reste de la France) mais cela reste largement insuffisant.
4. La cause : la sous-capacité
On le comprend aisément en regardant cette carte qui montre la densité de population à l’échelle européenne : la French West Coast est très peu urbanisée, très peu équipée, très peu dense.
Ainsi, malgré l’accueil, les tensions se creusent.
5. Ce qui fait grincer des dents : le coupe-file
Lucas Pouvreau montre que le solde migratoire favorable à la Côte Ouest est porté par les retraités (31% des apports).
Leur capital immobilier agit comme un accélérateur dans la concurrence résidentielle.
Les actifs, eux, sont sous-accueillis
au regard de la dynamique d’emploi.
6. Et alors on fait quoi ?
Lucas Pouvreau pose une idée qui dérange :
- si une collectivité veut
plus d’actifs, moins de retraités
, elle ne peut pas jouer à somme nulle.
Le rééquilibrage passe par un ajustement quantitatif : passer d’environ 70’000 habitants accueillis par an à 110’000.
- Soit +40’000 habitants/an.
Ce qui demande une capacité d’accueil de l’ordre de :
- +20’000 logements/an.
L’équivalent de… la production de la Bretagne.
En quelque sorte, il nous faut une région de plus.
On s’y met ?












