Le Tetradium en Bretagne (et ailleurs)

Cadres de vie
Publié le 28/08/26
Mis à jour le 28/08/26
2min de lecture
Le <i>Tetradium</i> en Bretagne (et ailleurs)
Liliana Puyo | flickr.com

Tetradium daniellii

Comme annoncé dans le précédent article (Bretagne : l’urgence des fleurs Bretagne : l’urgence des fleurs Bretagne : l’urgence des fleurs ), à Saint Ganton (35550), les floraisons du châtaignier se sont finies prématurément cette année, celle des ronces aussi, séchées par la canicule… les moissons sont terminées, et les bottes de foins ponctuent le paysage.

Les fleurs y sont devenues excessivement rares, et pour les mangeurs de fleurs, le temps des disettes et de la malbouffe s’est installé, dès début juillet, et pour longtemps sauf si d’hypothétiques orages relancent quelques floraisons…

Les végétaux qui tempèrent la situation sont quelques  exotiques  qui font le job dans de très rares spots : des migrants de notre Sud ou de plus loin, comme le Koelreuteria, le vitex agnus castus, le lagerstroemia, le buddleia, la myrte,… et le trop rare Tetradium daniellii.

Cet asiatique mérite attention :

  • introduit comme arbre à huile en 1905, son rôle en Asie, on l’a oublié ici complètement ;
  • il résiste au sec et chaud, offre nectar et pollen à tout un monde affamé Arbres et nutri-score urbain Arbres et nutri-score urbain  : non invasif, non exclusif, non égoïste.. on le nomme maintenant  arbre à miel  tant il offre du nectar (+ de 200 kg/ha, mieux qu’un tilleul) ; on aurait pu le nommer arbre à oiseaux tant il offre de graines (10 kg par arbre) riches en huile (30 % comme le colza) et si vite chipées…
  • il pousse vite, et fleurit jeune (vers ses 5 ans) et les botanistes chinois commencent à détailler ses qualités : il y en aurait cinq populations dans le vaste espace où il vit, de la Corée à l’Himalaya, avec des qualités de résistance que nous n’utilisons pas encore, tant les individus chez nous sont venus aléatoirement, de semis divers (depuis 1905), non sélectionnés ;
  • cet arbre est monoïque pour l’essentiel, mais 10 % seraient naturellement mâles, comme s’il évoluait vers l’état dioïque1 ;
  • l’intérêt du pied mâle est une floraison longue de 20 jours, non limitée par la fructification, contre 8 jours pour le monoïque…
  • pour le futur il serait bienvenu de retourner en Asie pour en sélectionner les plus aptes au sec et chaud, et d’en multiplier les pieds mâles à si longue floraison.

D’ores et déjà, on peut facilement l’utiliser (en Bretagne et quasiment partout) pour remplir le trou floral, en agroforesterie évidemment, et le loger en haies, en lisières forestières, en bas-côtés routiers et en fond de jardin.


Notes :

  1. Gender Dimorphism in Tetradium daniellii. https://doi.org/10.1086/498352