Le Diospyros lotus, très fréquent en Iran caucasien, est originaire d’Asie tempérée (Chine, Japon, et hautes terres d’Inde, Pakistan, Afghanistan…). Cet arbre, nommé aussi plaqueminier du Levant, est élancé (12 m), beau avec ses feuilles vert brillant, orangées en automne, extrêmement généreux en fruits, des billes vertes puis orangées, avec un beau bois de qualité pour l’ébénisterie… et toujours pimpant, y compris dans les dures conditions estivales de chaleur et de sécheresse.
Sa floraison est complexe : il y a des individus dioïques et des monoïques (dont certains à fleurs hermaphrodites…) ; elle a lieu entre fin mai et fin juin, selon la zone climatique, sous forme de nombreuses petites fleurs vert-jaune collées aux rameaux de l’an passé, et cachées par le feuillage. Des fleurs si discrètes, comme le dit un haïku, qu’ il faut qu’elles tombent pour que les humains les voient !
Elles sont suivies d’une multitude de fruits en petites billes (certains parthénocarpiques, sans pépins) qui se colorent en orange, puis passent au brun lorsqu’ils blettissent et peuvent alors être mangés, avec un goût agréable de datte. Un fruit de glane pour nous, qui est une manne pour les oiseaux qui les volent facilement, et assurent sa diffusion gratuite.
L’autre ressource qu’il apporte est plus discrète, trahie par le buzz des abeilles et autres insectes attirés par son pollen : il est l’un des plus riches en protéines (plus de 20 %) et s’ajoute à un bon apport en nectar1.

Ce Diospyros lotus a bien suivi la route de la Soie, via le Caucase, jusqu’à l’Italie romaine. Sa diffusion a repris au XVIe siècle en Italie du Nord, sans y montrer depuis aucune forme de nuisance (de quoi rassurer les indigénistes) ; il y est quasi naturalisé d’ailleurs, nommé arbre ou dattier de Saint-André, soupçonné d’avoir fourni le bois de sa crucifixion et dont les fruits sont mangés le 30 novembre par dévotion2.
Chez nous, sa présence est sporadique, avec un usage de porte-greffe en vergers pour les Diospyros kaki à gros fruits.
Il est temps de lui faire gagner la dernière étape de sa si longue migration, d’en sélectionner les plus aptes à nos terroirs (dans le Caucase, certains y vivent dans la rudesse, -20 °C, et le très sec), et d’en faire un pilier de nos haies champêtres du futur, en particulier en Occitanie : beauté, résistance au climat qui vient et générosité pour la biodiversité… What else ?
Notes :
- Fazıl Güney et Şeref Cınbırtoğlu,
Pollen Preference of Honeybees Depending on Protein Contents
, Bee Studies – Apiculture Research Institute, vol. 13, n° 1, juillet 2021, pp. 1-4. - Écomusée de la Martesana,
Flore et paysages (Arbre de Saint-André)
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