Crise du logement : pour une démocratie locale qui n’exclue pas le travail

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2 min de lecture  |  Publié le 11/11/2023 sur | Mis à jour le 14/11/23

La crise du logement renforce les tensions sur le marché du travail

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Véronique Chocron et Aline Leclerc | lemonde.fr

Les employés et les employeurs qui vivent, la journée, dans une commune, ne sont pas appelés à voter pour élire son maire.

Donc nous ne construisons pas les logements dont ont grandement besoin les actifs là où ces logements ont besoin d’être : c’est-à-dire non loin des lieux de travail.
Logique ?

« La difficulté de se loger à des prix abordables dans les grandes agglomérations est devenue un tel frein à l’emploi que les entreprises s’y intéressent et multiplient les pistes pour tenter d’accompagner leurs salariés. »

Peut-être ouvrirons-nous bientôt les yeux – comme les pays anglo Saxons ont commencé à le faire avec les mouvements civils pro construction YIMBY – sur les documents d’urbanisme qui interdisent, très largement, de construire dans les premières couronnes des grandes agglomérations, sous la pression des riverains et de ce qu’on peut appeler la « démocratie du sommeil » ?

Si nous décentralisons encore d’un cran la politique du logement, comme cela semble être le souhait de M. Patrice Vergriete, ministre du logement, alors il faudra que les voix des actifs, des employés et des employeurs puissent se faire entendre en matière d’urbanisme et de construction de logements, en plus des voix des riverains.

La conséquence serait positive :

  1. pour la qualité de vie des employés et pour la santé économique de nos entreprises,
  2. pour la réalisation du Zéro Artificialisation Nette, la préservation de nos terres naturelles, forestières et agricoles,
  3. pour la réduction de l’empreinte carbone du bâtiment dont une très large part provient de la localisation trop éloignée de l’habitat vis à vis des centralités, emplois, services et infrastructures de mobilité douce.

Donner une voix au travail c’est aussi, par conséquent, donner une voix à la réduction de l’étalement urbain et des mobilités carbonées imputables aux trajets domicile travail.


ALLER PLUS LOIN

  • L’exemple de Londres est peut-être à étudier de près
  • Sur la démocratie du sommeil, voir le propos de Jean Viard dans l’hebdomadaire Le 1 du 17 février 2016 : « 63 % des Français votent dans la commune où ils dorment, mais travaillent dans une autre. C’est logique puisque nous parcourons en moyenne 45 kilomètres par jour. L’élection locale est ainsi devenue une sorte d’élection de CIQ (Comité d’intérêt de quartier) où on parle silence, sécurité, école, loisirs. Cela construit des villes et des villages agréables à vivre, fleuris, piétonniers et cyclistes. Disons au mieux la ville haussmannienne, plus le Club Med, plus la culture Jack Lang. Mais ni intégration des périphéries ni bataille pour l’emploi. »

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