Politique de rénovation mono-orientée vs service d’accompagnement sur-mesure

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2 min de lecture  |  Publié le 01/07/2024 sur | Mis à jour le 01/07/24

Comment, à partir d’une maison de faubourg vacante, dégradée et sans charmes, avons nous pu concevoir, avec un particulier porteur de projet, un projet qui, au terme de l’accompagnement, a permis d’accueillir 10 personnes tout en désimperméabilisant 40m² ?

Spontanément, le porteur de projet allait créer un immeuble de rapport avec 6 studios, dans un cœur de ville où beaucoup de petits logements de qualité moyenne sont vacants.

Dans la logique de rénovation mono-orientée qui prévaut aujourd’hui en France, notre équipe aurait concentré son ingénierie sur les audits énergétiques, les étiquettes de sortie, et la labélisation des artisans, laissant de côté les enjeux patrimoniaux, d’éclairement, d’espace, de mixité, et d’attractivité pour viser avant tout un agrément des dossiers d’aide.

Dans la logique du BUNTI, une approche sur mesure et bottom up a permis de recomposer les volumes, de faire entrer la lumière, de créer à la fois des logements familiaux et des petits logements de qualité…

Séduit par son propre projet, le couple de propriétaire a déménagé pour habiter dans l’immeuble parmi les locataires, ce qui n’était pas prévu au départ, et leur fils les a rejoints (ce qui n’était pas prévu non plus) en transformant un hangar désaffecté en un magnifique loft avec espaces extérieurs, s’accordant avec les services du patrimoine grâce à la multiplication d’options de conception pour identifier la plus adéquate.

La performance énergétique et la mise aux normes sont des composantes parmi d’autres du projet, mais l’énergie et les compétences techniques d’accompagnement déployées ont permis de mettre fin durablement à une situation de vacance de longue durée, ce qui n’aurait pas été le cas en appliquant une grille technique à sens unique pour mettre aux normes et garantir une performance énergétique théorique, et en concentrant les efforts sur l’accès aux aides en mode chasseur de primes.

L’appât de la subvention a été remplacé par l’attrait du projet, et pour 3 des 4 logements créés, la collectivité n’a pas eu à aider les travaux, finançant uniquement l’accompagnement et améliorant ainsi très fortement le niveau de levier économique des deniers publics.