Sans optimisme, on ne peut pas construire.

Perspectives
Publié le 17/03/26
Mis à jour le 17/03/26
3min de lecture
Sans optimisme, on ne peut pas construire.
David Miet

Hanoï, Vietnam

Sans optimisme, on ne peut pas construire.

C’est pourquoi Ezra Klein estime, dans Le Monde, que  l’allergie à l’optimisme que manifestent de nombreux progressistes est dangereuse .

Chroniqueur au New York Times, il est coauteur du livre Abundance qui paraît cette semaine en français et qui enfièvre la gauche américaine.

Son diagnostic :

  • Le problème de nos démocraties n’est pas seulement de mal redistribuer ;
  • C’est qu’elles ne parviennent plus à construire.

Logements. Transports. Énergie propre.

Depuis plusieurs décennies, une partie du progressisme occidental s’est construite autour d’une vision tragique du monde : la planète se dégrade, les ressources s’épuisent, les écosystèmes s’effondrent.

Face à ces menaces bien réelles, la politique s’est organisée autour d’un réflexe central : protéger. Protéger la nature, les paysages, les habitants.

Cette ambition est nécessaire. Mais elle a produit une culture politique de la prudence, du doute… et du blocage.

Une politique qui explique plus facilement pourquoi on ne peut pas construire… que comment construire !

Car construire est difficile et demande :

  • du savoir-faire ;
  • de l’intelligence ;
  • de la coordination.

Bloquer est beaucoup plus simple. Il suffit d’un peu de scepticisme, d’une dose de peur, et d’une once de mauvaise foi.

Dans beaucoup de villes occidentales, cette culture du blocage, qui a instrumentalisé la cause environnementale, a produit une conséquence très concrète : la rareté.

Une rareté qui produit toujours les mêmes effets : des prix qui explosent, des exclusions, des tensions.

C’est cette contradiction qui nourrit aujourd’hui un débat très vif aux États-Unis, en particulier chez les démocrates encore sonnés par le trumpisme.

Et voici le sursaut : une politique de l’abondance.

Son principe est optimiste : une société de progrès peut redistribuer, mais elle doit surtout être capable de construire davantage de logements abordables, d’énergie propre et d’infrastructures en réponse aux besoins fondamentaux de tous.

Plus. Pas moins.

Ce débat dialogue avec un mouvement né dans les villes : YIMBY (Yes In My Back Yard).

  • Oui, construisons ;
  • Oui, densifions ;
  • Oui, produisons davantage de logements ;
  • Oui, plantons et faisons une place à la nature en ville.

Parce que sans abondance d’actions concrètes et vertueuses, toutes les transitions sont impossibles.

Évidemment, cette idée me parle. Car une partie de mon aventure professionnelle repose sur une intuition très proche.

Lorsque nous avons lancé nos méthodes d’urbanisme, nous les avons appelées :

  • BIMBY (Build In My Back Yard)
  • BUNTI
  • BAMBA

Je vous mets au défi de prononcer ces noms baroques qui commencent par  Build  sans être obligés de sourire… d’optimisme !

Chaque habitant peut contribuer à construire la ville :

  • une extension ;
  • une division ;
  • une surélévation ;
  • une maison en plus.

Des milliers de micro-projets. Plus de logements, de diversité, de vitalité.

La rareté crée des conflits. L’abondance permet la paix.

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