73% des arbres publics de Londres pourraient ne pas survivre au climat de 2090

Décryptages
Publié le 02/03/26
Mis à jour le 02/03/26
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73% des arbres publics de Londres pourraient ne pas survivre au climat de 2090
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Parrotia persica au jardin botanique royal de Kew à Richmond, Angleterre

    Et ceux qui peuplent nos jardins ?

    Cette question nous touche tous, car les essences qui souffrent dans les rues et parcs sont très souvent les mêmes que nous chérissons chez nous.

    L’étude, publiée en novembre 2025 par l’Urban Plant Lab (Kew Gardens) et commandée par la Greater London Authority, a passé au crible plus de 1,1 million d’arbres publics — 375 espèces1.

    Les chiffres dessinent un constat implacable :

    • Seuls 0,38% sont hautement adaptés au climat futur — deux espèces seulement : le chêne vert (Quercus ilex, méditerranéen) et la Parrotie de Perse (Parrotia persica, Iran/Caucase),
    • 62% présentent une faible adéquation — dont le chêne pédonculé, l’érable plane, le sycomore,
    • 10,6 % sont classés vulnérables : frêne commun, merisier, bouleau verruqueux, tilleul à grandes feuilles.

    Au total, près de trois arbres publics sur quatre pourraient lutter pour survivre. Ce n’est pas la marge qui est menacée — c’est le socle de la présence végétale dans le cadre de vie des citadins.

    Le problème est aussi structurel.

    Comme le rappelaient Clergeau, Fradin et Jactel dans leur tribune du Monde (mars 2024)2, l’enjeu n’est pas de  planter beaucoup d’arbres  mais d’assurer leur vie à long terme. L’arbre en ville doit être partie prenante d’un système urbain vivant, pas être relégué au statut de simple décor à renouveler faute d’entretien ou de capacité d’adaptation des végétaux.

    Mais le rapport du Urban Plant Lab ne se limite pas aux constats, il nous invite à l’action et identifie des leviers concrets :

    1/ Protéger ce qui existe : ne pas abattre les arbres sains, les intégrer dans les projets d’aménagement pour prolonger la durée de vie des arbres matures et les services qu’ils nous rendent déjà.

    2/ Diversifier ce qu’on plante : le rapport indique que le climat actuel de New York correspond à celui prévu pour Londres en 2090. Ce qui pousse là-bas aujourd’hui — le févier d’Amérique à Manhattan et dans le Bronx, le platane à Brooklyn et dans le Queens, le poirier de Chine à Staten Island — est une indication de ce qui fonctionnera ici demain.

    3/ Prévoir le financement de l’établissement des arbres sur cinq ans — arrosage, suivi, soins — plutôt que la seule plantation.

    4/ Et surtout, travailler avec les pépinières dès maintenant : sans anticipation, elles ne produiront pas les essences adaptées au climat qui vient et dont nos villes profiteront dans 50 ou 60 ans. La diversification se prépare des années avant la mise en terre.

    Ce constat ouvre un chantier immense et passionnant.

    Tous les jardiniers — pros et amateurs — sont en première ligne.

    Un proverbe dit que le meilleur moment pour planter un arbre était il y a vingt ans et que le deuxième meilleur moment, c’est maintenant.

    L’urbanisme se pense en décennies, c’est bien maintenant que le jardinier doit agir — en diversifiant les essences.


    Notes :

    1. Martin, K., & Hirons, A. (2025). Future Climate Suitability of London’s Public Realm Trees: Final Report. London: Urban Plant Lab / Royal Botanic Gardens, Kew. Consulter le rapport.
    2. Clergeau, P., Fradin, G., & Jactel, H. (2024, 1er mars). L’arbre en ville doit être partie prenante d’un socio-écosystème dont il convient d’assurer l’intégrité et la vitalité. Le Monde. Lien vers la tribune.