Assistons-nous à un sabotage territorial ?

Par VVLOVE
Décryptages
Publié le 07/01/26
Mis à jour le 07/01/26
2min de lecture
Assistons-nous à un sabotage territorial ?
Journal L'Essor Savoyard

Ralentir les constructions, préserver des terres agricoles : en quoi consistent les nouvelles règles d’urbanisme dans le Grand Annecy ? - Article du 27/12/2025

     Même si les élus et les orientations politiques changent en 2026, le document restera difficile à remettre en cause, sans passer par au moins  deux à trois ans de travail 

    Ralentir un rythme de construction qui est déjà trop bas.

    L’assumer.

    Ne pas en subir les conséquences.

    Verrouiller la situation.

    Le 18 décembre 2025, les élus du Grand Annecy ont adopté leur nouveau PLUi-HMB.

    Un document stratégique, présenté comme un compromis équilibré entre accueil, écologie et préservation des terres agricoles.

    Avec Villes Vivantes, nous avons analysé ce document non pas à partir de ses seules intentions, mais à partir de ses dispositions réelles et de ses effets prévisibles sur le territoire.

    Nous avons réalisé une étude d’impact :

    1. S’il parvenait à construire 1’400 logements/an, comme il l’annonce, le Grand Annecy ne gagnerait que 980 habitants/an et non pas 1’600/an comme énoncé dans le PADD, lorsqu’on actualise les données INSEE (les données démographiques du diagnostic du PLUi sont trop anciennes et sous-estiment largement le point mort).
    2. Mais en analysant finement les règles, les zonages, les capacités foncières réellement mobilisables et les contraintes opérationnelles, nous estimons que la capacité effective de production se situe entre 755 et 915 logements par an, et non pas 1’400/an comme annoncés.
    3. Ainsi, l’application du PLUi entraînera une croissance démographique nulle pour le Grand Annecy (aucun habitant supplémentaire d’ici à 2040 !!) et un effet de report massif sur les territoires voisins.
    4. La baisse des droits à bâtir touche en priorité les secteurs centraux, les zones bien desservies par les transports collectifs, les secteurs historiquement producteurs de logements.

    La rareté des possibilités de construire dans les secteurs les mieux équipés du pays, la pénurie de logements Municipales 2026 : vers une pénurie de logement volontaire, assumée et décomplexée Municipales 2026 : vers une pénurie de logement volontaire, assumée et décomplexée
    là où les gens veulent vivre pour limiter leurs temps de trajet, ne sont pas imposées par l’État, ni par l’Europe.

    Elle sont conçues et produites localement, volontairement, en allant au-delà des exigences nationales en matière de limitation de l’extension urbaine (ZAN) PLU de Bordeaux Métropole : le gel discret de 2’900 hectares constructibles au prétexte du ZAN va-t-il alimenter l’étalement urbain ? PLU de Bordeaux Métropole : le gel discret de 2’900 hectares constructibles au prétexte du ZAN va-t-il alimenter l’étalement urbain ? et à l’encontre des obligations légales nationales en matière de densification (loi ALUR).

    Les conséquences sont connues, documentées, prévisibles :

    • tension encore accrue sur les prix du foncier et de l’immobilier,
    • éviction des ménages mobiles (jeunes actifs, familles, salariés essentiels),
    • désorganisation du parc locatif existant,
    • accentuation des effets de report vers les territoires voisins, qui devront absorber une demande reléguée.

    Ce ralentissement est assumé.

    Ceux qui le décident n’en subiront pas les effets directs.

    Pire : les élus eux-mêmes reconnaissent que, même en cas d’alternance en 2026, le document sera très difficile à remettre en cause avant deux à trois ans.

    Le choc est donc enclenché, verrouillé, différé.

    Les conséquences arriveront plus tard, pour d’autres, ailleurs.

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