Il en existe de toutes sortes, de tous les styles, et ces styles voyagent… Ils traversent les époques, ainsi que les continents : les ornements, les sculptures, les décors, nous aident à créer un lien affectif entre nous, les habitants, et les bâtiments que nous côtoyons tous les jours.
Or il faut bien le constater : si nous voulons convaincre le grand public, à nouveau, que construire de nouveaux logements, précisément là où beaucoup de gens vivent déjà, peut être une bonne chose, nous aurons besoin de recréer ce lien.
Proposez de planter un arbre en ville : vous aurez sans difficulté l’adhésion des riverains, justement en raison de ce lien affectif qui existe entre la nature et les habitants d’une ville.
Proposez de surélever, de construire un nouveau bâtiment, de densifier, et vous aurez très certainement la réaction inverse.
Pourtant, construire aux bons endroits, là où l’on n’a pas besoin de parcourir 10, 20 ou 40 kilomètres quotidiennement en voiture, mais aussi là où la consommation foncière sera moindre, est le premier levier :
- pour faciliter la vie de ceux qui cherchent un logement en leur offrant un toit proche des emplois, des écoles, des équipements et des services,
- pour réduire le bilan carbone du bâtiment,
- pour stopper l’artificialisation de nouvelles terres.
Alors, au-delà de la simple végétalisation de nos villes, comment faire revenir l’ornement, rendre la densification sexy, sans faire exploser les coûts de construction ?
Je vois deux voies plutôt prometteuses.
La première : des robots sculpteurs pilotés par l’IA, capables de produire des formes complexes à un coût de plus en plus faible. Comme ici, avec Monumental_Labs.
La deuxième se situe presque à l’opposé du spectre : du ciment, un simple gabarit, des outils rudimentaires et du travail manuel qualifié. Comme dans cette vidéo (en Indonésie).
Dans une grande partie du monde oriental, la diffusion de ce type de vidéos, de savoir-faire, et de demande sociale, grandit.
Avec en particulier une classe moyenne qui utilise son pouvoir d’achat pour orner sa maison, produire du beau, de la fierté, du plaisir sensuel, symbolique, esthétique.
Le jeu combiné de l’expression du statut social et de l’enchantement des sens ne se produit pas uniquement sur Insta, dans le choix d’une voiture ou de ses vêtements : il devient aussi le parement scintillant d’une ville en construction, en évolution, une ville généreuse comme la nature peut l’être.
Si nous voulons rendre, à nouveau, l’acte de construire en milieu déjà bâti acceptable, je crois profondément qu’enrichir l’architecture, lui redonner de l’expression, du caractère, de la singularité et de la générosité, est un aspect essentiel du travail que nous devons entreprendre.
Cela passera par le choix des matériaux, l’expressivité de l’architecture, mais aussi par un travail de finition, de détail, un travail de la petite échelle capable de toucher, simplement, le grand public.