Il n’y a pas assez de logement mais il ne faut pas construire : le paradoxe basque

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3 min de lecture  |  Publié le 21/04/2023 sur | Mis à jour le 05/05/23

Demain, se loger au Pays Basque

En mars 2023, Sud Ouest et le collectif Entzun organisaient un grand débat intitulé « Demain, se loger au Pays Basque ».

Selon un sondage réalisé par le Groupe IFOP, 72% des sondés estimaient qu’il n’y avait pas suffisamment de logements au Pays Basque…

Mais ils étaient seulement :

  • 2% à penser qu’il faudrait densifier les villes,
  • 5% qu’il faudrait construire un peu plus élevé dans certains secteurs,
  • et 6% qu’il faudrait libérer des terrains pour construire de nouveaux logements …

Sonder les causes réelles du rejet

Une contradiction ?

Au-delà de la mobilisation des logements vacants, mais également de la lutte contre l’expansion incontrôlée des locations touristiques de courte durée, pour laquelle les élus du Pays Basque viennent de remporter une victoire éclairante, se pose la question de la construction neuve.

Lors de ma participation au débat organisé par la CCI de Bayonne, j’ai défendu l’idée suivante : ce n’est pas le fait de construire que les habitants rejettent, mais la façon de construire, la façon dont nous avons construit ces dernières décennies et dont nous continuons à construire, en majeure partie, aujourd’hui.

Et si nous testions la méthode du « village » ?

Pour l’illustrer je prendrai le concept du village : non pas en tant que forme urbaine idéale, aboutie, qui serait meilleure ou plus populaire qu’une autre, mais plutôt en tant qu’exemple d’un processus alternatif d’organisation des constructions neuves, selon une forme de croissance organique ou de densification douce :

  1. Un village se construit étape par étape, parcelle par parcelle, de façon itérative : une grande parcelle est divisée et accueille de nouvelles constructions, pendant que d’autres grandes parcelles demeurent.
  2. Chaque projet est un petit projet, un micro projet : l’intervention est légère, ponctuelle, et crée 1, 2 ou 3 logements ou locaux supplémentaires.
  3. Le bâti est plutôt regroupé à l’avant des parcelles, du côté de l’espace public, avec des maisons qui se touchent, qui s’adossent, qui se décalent les unes par rapport aux autres : le tout prend une forme urbaine à la fois ordonnée, dense et éclectique.
  4. Les jardins et les espaces libres sont plutôt préservés à l’arrière des parcelles, et quelques jardinets et bosquets à l’avant agrémentent les rues et venelles.
  5. Les projets sont portés pour la plupart en auto-promotion, c’est-à-dire à maîtrise d’ouvrage habitante : les habitants font bâtir pour eux-même, ou pour louer.
  6. Le tissu urbain qui résulte d’un tel processus est diversifié, à taille humaine et apte à progresser vers des densités relativement importantes, sans empiéter sur les terres naturelles et agricoles.

Les points 1 à 6 décrivent :

  • exactement l’inverse du processus selon lequel nous avons organisé le développement urbain ces dernières décennies en France …
  • une voie que nous pourrions expérimenter pour faire évoluer, doucement, les espaces bâtis hier, justement, en restant dans les clous du ZAN.

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