Urbanisme organique : quand le dessin cède sa place au code

Perspectives
Publié le 14/04/26
Mis à jour le 14/04/26
2min de lecture
Urbanisme organique : quand le dessin cède sa place au code
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Ermoúpoli sur l'île de Syros, Grèce

Voilà le type d’atmosphère (ici c’est Ermoupoli, en Grèce), à la fois banale et extraordinairement  naturelle , qui se dégage d’un tissu urbain de fine granularité La fine granularité : clé de l’antifragilité ? La fine granularité : clé de l’antifragilité ? , créé par un processus de développement urbain au sein duquel la décision de faire est largement  distribuée .

Le parcellaire fractionné :

  • distribue les initiatives, les projets,
  • diversifie les maîtrises d’ouvrages, leurs temporalités,
  • ainsi que les maîtrises d’œuvres et leurs talents.

Il est l’infrastructure d’une forme de démocratie de l’action, de la construction d’un projet commun.

Une ville.

Les propriétaires d’une petite parcelle de foncier, leurs maîtres d’œuvres et constructeurs, leurs artisans et quelques artistes, ne font pas que voter : ils imaginent, bâtissent et décorent.

Les grandes tracés, les grands projets, sont minoritaires. Les micro-projets : majoritaires.

À partir d’un site, d’un paysage, d’une infrastructure viaire, et de quelques règles d’urbanisme simples et fortes (le code), le foisonnement se met en place : l’art de bâtir peut être mis au service des besoins changeants des habitants, de leurs envies et leurs projets personnels, selon leurs moyens et leur calendrier propres.

Ici, les ondulations ne sont pas factices. Les variations ne sont pas maniérées. La diversité n’est pas feinte. La vie n’est pas simulée. Le léger désordre apparent n’est pas du fétichisme formel.

L’organique, ici, est réel. Ce n’est pas une question de style architectural (vous voyez que le style de chaque bâtiment est plutôt modeste) : c’est la vie elle-même du corps social qui se reflète dans la vie du corps de la ville.

On y découvre une correspondance profonde entre les structures familiales, la structure foncière et bâtie, le cadre et le code communs, et la liberté de faire.

La liberté d’entreprendre, d’investir, de construire :


C’est tout cela qui nous apparaît vivant, naturel, organique, presque sain d’un point de vue social.

Nous percevons l’absence de contrôle total. L’absence du grand dessin qui s’impose à tous. L’absence de concentration du pouvoir de choisir, de bâtir, et de donner une forme sensible à notre cadre de vie commun.

Nous ne sommes pas enfermés dans le monde sensible d’un seul (grand) concepteur.

Nous avons simplement le plaisir de parcourir des rues qui reflètent les sensibilités de chacun de leurs habitants.

A la fois banale et extraordinairement familière, naturelle, et vivante : c’est cela, l’atmosphère engendrée (plutôt que dessinée) par l’urbanisme organique et ses codes.

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