2026 : (ré)apprendre à apprendre

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Publié le 05/01/26
Mis à jour le 05/01/26
2min de lecture
2026 : (ré)apprendre à apprendre
Journal Le Monde

Municipales 2026 : dans le vignoble alsacien, la "maison au fond du jardin" comme réponse à la crise du logement - Article du 24/12/2025

L’urbanisme et le logement sont au pied du mur. Et c’est une excellente nouvelle. Car c’est toujours à cet endroit précis que l’on recommence à apprendre.

J’ai terminé 2025 par une série de neuf textes défendant une thèse simple : nos villes ont cessé d’apprendre. Elles ont cessé d’apprendre le jour où nous avons collectivement appris à échapper aux conséquences de nos décisions.

Ce péché originel explique tous les autres : normer trop tôt ce qu’on n’a jamais testé, simuler sans jamais mesurer les résultats réels, standardiser ce qu’on n’a jamais appris à améliorer, croire devoir toujours réinventer, faire le bien sans regarder sérieusement les effets réels, invoquer le bon sens ou attendre le héros quand la recherche & développement fait défaut.

Le XXème siècle nous a légué une méthode : confier nos villes au génie de quelques individus éclairés… concepteurs, ou producteurs de normes. Des individus intelligents, sans doute. Mais isolés. Et l’intelligence d’un individu seul, aussi brillant soit-il, ne peut rivaliser avec l’intelligence collective d’un système d’apprentissage distribué qui intègre des milliers de retours d’expérience réels.

L’urbanisme organique que nous développons avec Villes Vivantes est une méthode d’apprentissage collectif.

Une méthode qui ne cherche pas à opposer le bottom-up au top-down, la liberté à la règle, l’habitant à l’institution, mais qui travaille sur le terrain à les articuler pour recréer les conditions d’un apprentissage puissant, sérieux, méthodique : une direction commune, des décisions distribuées, des conséquences vécues localement, des retours d’expérience réels, une amélioration progressive de nos patterns et de nos modèles d’opération.

On n’apprend jamais de ses intentions. On n’apprend que de ses erreurs. Et surtout : on n’apprend que des erreurs dont on subit soi-même les conséquences.

Dès que ceux qui décident ne vivent plus ce qu’ils produisent, la boucle d’apprentissage se rompt Comment nous avons cassé la boucle d’apprentissage qui fait vivre nos villes Comment nous avons cassé la boucle d’apprentissage qui fait vivre nos villes .

L’urbanisme organique ne cherche pas à supprimer l’erreur. Il cherche à organiser des conditions où l’erreur est utile, ou elle crée un enseignement identifiable, transmissible. C’est exactement ainsi que les villes ont toujours évolué — et c’est ainsi qu’elles peuvent, nous le croyons, redevenir capables de répondre aux défis économiques, environnementaux et sociaux du XXIème siècle.

Cela suppose de faire confiance non pas seulement à ceux qui sont déjà installés, déjà propriétaires, déjà logés, mais à tous les habitants-bâtisseurs : ceux qui cherchent à se loger, ceux qui veulent transformer leur propriété, ceux qui ont besoin d’adapter leur cadre de vie à leurs besoins réels.

Nous pouvons voir les d’habitants de nos territoires non seulement comme des usagers à consulter… mais aussi comme des (millions de) maîtres d’ouvrage potentiel prêts à essayer, se tromper. Prêts à corriger, améliorer, transformer nos territoires par leurs projets personnels.

Alors, on y va ?