Avec un budget de l’Anah de 4,4 milliards d’euros en 2026 (sous réserve de l’adoption du projet de loi de finances par le Parlement), quel intérêt les collectivités territoriales ont-elles à mobiliser leurs propres ressources dans des politiques locales d’amélioration de l’habitat ?
La question se pose pour beaucoup, à l’approche des échéances électorales.
Avec les seules aides nationales, un propriétaire à faibles ressources peut percevoir jusqu’à 63K€ de subventions pour rénover un logement très dégradé, ou 15K€ pour une adaptation ; un investisseur dans l’ancien peut bénéficier de 90K€ pour rénover un petit immeuble de trois logements, hors avantages fiscaux et prêts aidés…
Dès lors, pourquoi engager, en complément, des fonds publics locaux ? Les collectivités qui s’engagent dans cette voie (OPAH RU, volets 3 de pactes territoriaux) le font notamment pour :
- Proposer à leurs administrés un accompagnement local de qualité : compétent, attentif, permettant d’identifier les meilleurs itinéraires de projet et d’accéder réellement aux aides.
- Compléter les aides de l’Anah par des aides locales ciblées : les projets locatifs et la remise sur le marché de logements vacants restent en effet très difficiles à déclencher sans soutiens financiers additionnels, en complément d’une ingénierie technique, financière et administrative. Pour les propriétaires les plus fragiles, la difficulté à assumer un reste à charge, même limité, constitue l’une des premières causes d’abandon des projets même fortement aidés, les ménages demeurent dépendants de leur épargne ou de leur capacité d’emprunt.
Cet accompagnement et ces aides locales produisent des réussites qualitatives notables — même si beaucoup d’opérations n’atteignent pas leurs objectifs… Mais avec des niveaux de levier de l’argent public exceptionnellement faibles.
En intégrant l’ingénierie et l’ensemble des aides nationales et locales aux travaux, on génère autour d’un euro de dépense privée pour un euro de dépense publique cumulée. Rapportés au logement, les engagements apparaissent tout aussi significatifs : ingénierie comprise, il n’est pas rare de dépasser 40’000 € d’engagements publics (hors avantages fiscaux) pour financer la rénovation d’un logement conventionné pour six ans seulement.
Cela interroge la soutenabilité de ce modèle pour les finances publiques, mais aussi sa capacité à changer d’échelle au regard des enjeux. De fait, en 2024, les rénovations dites « d’ampleur », majoritairement réalisées dans le cadre de programmes cofinancés par les communes et les EPCI, représentaient moins d’un quart des logements aidés par l’Anah.
D’où l’intérêt du modèle complémentaire porté par les opérations BUNTI
BUNTI : l’art de transformer et de donner de la valeur d’usage au bâti, une étape à la fois
: des coûts par logement nettement inférieurs, des effets de levier beaucoup plus élevés, et une ingénierie des collectivités et des opérateurs recentrée sur le projet lui-même plutôt que sur la constitution et le suivi d’un dossier administratif.