18 personnes.
Un jardin.
Des oiseaux, des insectes, un bassin.
Et un COS de 1.
Ce lieu existe.
Et il est en train de devenir illégal presque partout en France.
Nous ne sommes pas dans un écoquartier, ni dans un démonstrateur de la ville durable labellisé par l’État.
Mais tout simplement dans un jardin ordinaire, en ville, à Bordeaux.
Les bureaux du siège de Villes Vivantes sont installés sur une parcelle de 360 m². Nous y avons 360 m² de surface de plancher.
Soit un Coefficient d’Occupation du Sol de 1.
Le bâtiment est composé de 3 plateaux de 120 m², disposés en L pour capter la lumière.
Au rez-de-chaussée, une terrasse, nichée dans le creux du L, sur laquelle se prélasse le chat du voisin.
Puis un petit jardin, de 180 m², en deux niveaux.
Et au fond : un bassin.
Des plantes partout.
Une biodiversité bien réelle.
Et au milieu de tout ça : 18 personnes qui travaillent, mangent, discutent, vivent.
Ce lieu existe.
Il fonctionne, en 2026.
Il est agréable et fertile.
Et pourtant, il est aujourd’hui illégal dans plus de 90 % des tissus urbains de nos territoires.
Plus : chaque Plan Local d’Urbanisme nouvellement approuvé tend à généraliser son interdiction, en particulier dans les tissus pavillonnaires des premières couronnes des grandes villes françaises, là où nous cherchons pourtant à loger les actifs, les familles, les étudiants…
Pourquoi ?
Parce que ces derniers mois, nous avons cédé aux sirènes d’une idée facile, caricaturale et artificielle : la densité et la nature en ville seraient ennemies, incompatibles.
C’est faux.
Non pas seulement théoriquement. Mais aussi empiriquement.
L’expérience montre que le sujet crucial n’est pas la densité. Mais la forme, l’usage, et le jardinier.
Le COS était un outil qui créait de la constructibilité sur une parcelle tout en laissant au concepteur le soin de lui donner une forme adaptée selon son orientation, sa forme et ses usages.
Nous l’avons remplacé par des coefficients et des paramètres disjoints (hauteur, retraits, pleine terre, emprise au sol).
Ce faisant, nous avons rigidifié nos outils de planification. Et préparé le terrain à une descente brutale des COS réellement autorisés dans nos villes.
Alors, au moment où la crise du logement fait rage et qu’à la pompe, le litre d’essence frôle les 3 €, il est temps, dans les coeurs accessibles, équipés et bien desservis de nos territoires, de retrouver des COS de 1 !
Sur une parcelle de 200 m², on doit pouvoir construire 200 m² de surface de plancher.
Ceux qui nous disent qu’on ne peut pas, au nom de la biodiversité :
- se trompent, pour certains,
- et pour d’autres, veulent tout simplement bloquer l’accueil et laisser la ville en l’état, en n’hésitant pas à instrumentaliser le sujet de la nature en ville pour défendre leur cause : celle de la ville figée.
Alors, pour que nos villes reprennent vie, légalisons à nouveau un COS de 1 pour toutes les petites parcelles situées dans les secteurs équipés et desservis de nos territoires !