Un logement refusé ici… sera construit ailleurs

Perspectives
Publié le 09/03/26
Mis à jour le 02/10/26
3min de lecture
Un logement refusé ici… sera construit ailleurs
David Miet

Un logement refusé ici… sera construit ailleurs.

Le NIMBY typique dit :  on a réfléchi très sérieusement, on trouve que c’est mieux comme c’est aujourd’hui plutôt que de construire un logement en plus ici. 

Étonnant, non ?

Il ne se passe pas une journée, en France, sans que certains s’imaginent que ne pas réaliser un projet ici serait une bonne chose…

Mais tous les chiffres le montrent Le sophisme anti-densification qui accélère l’étalement Le sophisme anti-densification qui accélère l’étalement , ce que nos amis NIMBY Not In My BackYard (NIMBY) Not In My BackYard (NIMBY) omettent bien sûr volontairement de considérer : quand un logement n’est pas construit ici, il sera tout simplement construit plus loin.

Il faut le répéter et le répéter : quand on refuse de construire un logement en densification, le logement ne disparaît pas.

Il devient simplement… de l’étalement.

À tous ceux qui construisent un monde imaginaire où nous aurions le choix entre construire et ne pas construire, loger et ne pas loger La pénurie de logements n’est pas un mythe La pénurie de logements n’est pas un mythe …

Il faut rappeler que dans la vraie vie, les 2 options sont les suivantes :

Option A : la ville évolue partout.

Une maison en plus dans un jardin.
Une surélévation.
Un projet dans un quartier qui existe déjà.

Résultat :

C’est ce qu’on appelle la densification.
Une ville qui continue à pousser pour accueillir.

Option B : on refuse la densification

(avec des règles savamment écrites dans les PLU)

Et les habitants seront contraints d’aller se loger dans un nouveau lotissement au bout de l’agglomération !

Résultat :

  • deux voitures obligatoires
  • de nouvelles routes et réseaux à créer
  • des hectares artificialisés
  • des linéaires de VRD et de collecte d’ordures ménagères qui s’allongent…
  • des coûts de fonctionnement qui explosent.

Le paradoxe est assez extraordinaire.

On refuse la construction de maisons supplémentaires dans les jardins existants…
…mais on accepte sans problème que ces mêmes maisons soient construites dans un champ ou à la place d’un bout de forêt 30 km plus loin Cleveland : 1’400 hectares rendus à la nature. Combien de perdus ailleurs ? Cleveland : 1’400 hectares rendus à la nature. Combien de perdus ailleurs ? .

Vous le voyez, le problème ?

C’est un peu comme refuser d’ajouter une chaise autour de la table… en proposant au dernier arrivé d’aller dîner chez le voisin (tout en lui suggérant, pendant qu’on y est, qu’il y mangera mieux puisqu’il y sera moins serré ).

Un territoire, une politique d’accueil ou d’exclusion, c’est simplement la somme de milliers de choix comme celui-ci.

Des choix qui dessinent, petit à petit, la ville dans laquelle nous vivons réellement. Et son impact réel sur notre environnement Économiser pour consommer plus : la face cachée de la sobriété Économiser pour consommer plus : la face cachée de la sobriété .

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