Il est souvent commode de dénoncer l’automobile comme la grande responsable de tous les maux dont souffrent les villes, ainsi que des déceptions provoquées par un urbanisme inefficace. Mais, en fait, les effets destructeurs de l’automobile sont surtout symptomatiques de notre incapacité à construire la villeécrivait Jane Jacobs, en 1961.
65 ans plus tard, le Guide des villes vivantes (VVGUIDE) publie une riche interview de Jean Coldefy
Si on veut moins de voitures, il nous faudra plus de ville
qui arrive à la même conclusion :
Si on veut moins de voitures, il nous faudra plus de ville.
La richesse et les opportunités se créent mathématiquement dans la densité des villes (loi du carré des opportunités). Historiquement, la France a pénalisé ses villes par méfiance politique (mouvements sociaux) et protectionnisme rural.
Aujourd’hui, si l’on veut réduire l’usage de la voiture, il faut concentrer les logements et les emplois autour de polarités. La voiture est un problème réel dans l’hypercentre (congestion, CO2), mais elle est indispensable dans le périurbain (40 % de la population) où la densité ne justifie pas et ne permet pas de transports publics lourds. Pour décarboner, il ne faut pas rajouter des bus vides dans les campagnes, mais relier efficacement les périphéries aux villes.