Mon post antérieur était provocateur, le futur paysage breton sera occitanisé et non sinisé !
Les prémices en sont visibles : la vigne est arrivée à Cancale, face au Mont-Saint-Michel. Elle voit la mer, garantie gustative ! Et d’autres cultures du Sud arrivent comme le tournesol.
À ce sujet, les conditions de vie que proposent les modélisations prospectives sont instructives, telle celle proposée par l’entreprise de reboisement Forestor. Résumons et simplifions : Rennes en 2050, sous le scénario probable, connaîtrait une température moyenne annuelle proche de celle de Bayonne, des vagues de chaleur comme Aix-en-Provence, un nombre de jours sans pluie comme Cahors, et des pluies intenses semblables à ce que connaît Carcassonne… Brest se rapprocherait plutôt de Porto (Portugal) ; Nantes ressemblerait à Montpellier, et Angers à Carcassonne.
L’Occitanie pousse sa corne ; voyons-y comme une invitation à faciliter la transition paysagère qui doit être menée si on ne veut pas voir se déliter les couverts végétaux inadaptés au climat qui s’installe, et la biodiversité qui vit avec.
Et, évidemment, pour ce faire on peut largement s’inspirer du cortège des plantes compagnes de la vigne, le plus riche des cortèges activement géré dans notre civilisation qui en fit la migration (on verra : La vigne et ses plantes compagnes de Yves et Léa Darricau, aux éditions Rouergue).
On mettra aussi en parallèle les modélisations concernant les vies de nos arbres, qui mettent en exergue les gagnants du changement climatique breton1.
Deux arbres méritent attention et plantations :
- Le chêne-liège (figure n°1, figure n°2 & figure n°3), présent jusqu’à Bordeaux et qui, de-ci de-là, présente déjà de remarquables individus, à Rennes au jardin du Thabor, à Luduno, au sud de Dinan, à Belle-Île-en-Mer… un champion, beau avec son écorce, résistant au sec et au feu, aux sols acides drainés et au froid. Il a beaucoup d’espaces à enrichir sur la moitié Est bretonne, où ses ressources florales (bon pollen) et ses glands pourront ouvrir un avenir à un paysage agricole nourricier, et d’élevage de plein air (bovins, porcins, volailles…).
- Le châtaignier (figure n°4, figure n°5, figure n°6 & figure n°7), ou plutôt les châtaigniers, qui aiment la chaleur comme la vigne et sont de vrais gagnants pour tout le territoire breton. On veillera à installer des populations résistantes aux maladies fongiques, des hybrides pour les fruits, ou des asiatiques (Castanea henryi, Castanea seguinii) pour la biodiversité et autres usages. Les châtaigniers faits pour le sec et le chaud revivifieront les haies, bosquets, bas-côtés routiers, sous-bois… apportant fleurs, pollens et fruits.
Au bilan, une transition paysagère qui plairait aux peintres de Pont-Aven… une Bretagne méridionale, belle et riche de vies.







Notes :
- Modélisations sur les forêts et le changement climatique en Europe : Commission européenne (JRC).