Crise du logement : et si nous changions de « mindset » ?

Espaces littoraux
Publié le 03/09/26
Mis à jour le 03/09/26
3min de lecture
Crise du logement : et si nous changions de « mindset » ?
Quang Trần | Hinz Studio | archello.com

M.CASA à Hô Chi Minh-Ville, au Vietnam

Certes… les taux sont hauts, les coûts de construction élevés, le foncier rare, et donc trop cher, et de plus en plus difficile à produire là où les Français veulent vivre.

Tout cela est vrai.

Face à ces contraintes, deux attitudes sont possibles :

  1. La première consiste à nous convaincre, non seulement que construire est devenu trop difficile, mais aussi, progressivement, que ne pas répondre à la demande de logements n’est peut-être finalement pas si grave. Les chiffres ahurissants de la sous-production actuelle seraient… une nouvelle normalité…
  2. La seconde consiste à prendre ces contraintes comme un problème de conception. Et d’entraînement culturel.

Comment faire mieux avec moins de foncier et moins de budget ?

Comment habiter des parcelles plus petites, plus étroites, plus contraintes ?

Comment y conserver de l’intimité, de la lumière, de l’air, des arbres, des jardins, des terrasses ?

Comment inventer des logements désirables là où nos modèles habituels nous disent qu’il n’y aura pas de place pour tout le monde ?

Et en particulier, comment refaire une place aux familles dans les cœurs économiques du pays ?

Je vous présentais hier une maison construite sur une parcelle de 3,80 m de large, au Mexique.

En voici une autre à Hô Chi Minh-Ville, au Vietnam1.

Je l’ai découverte grâce à un compte Instagram thaïlandais qui a été impressionné par la façon dont elle tire parti de contraintes foncières très fortes.

Et en effet, ce projet est remarquable : il est tout d’abord un peu exotique en contraste avec nos habitudes européennes. Mais surtout, il crée des espaces avec générosité dans un environnement hyper contraint.

Il ne cherche pas à remplir chaque mètre carré disponible par une fonction, justement. Les pièces nécessaires à la vie familiale sont organisées tout en ménageant des vides, des respirations, de petits jardins à l’avant et à l’arrière, des relations entre les niveaux, des entrées de lumière et une ventilation naturelle.

La densité est rendue habitable grâce aux vides qui ne sont pas immenses, mais bien pensés et distribués un peu partout dans le projet.

C’est peut-être là une piste importante pour nous.

Nous avons besoin de construire davantage de logements là où les gens veulent vivre. Proche des emplois, des services, des équipements. Dans des lieux qui sont déjà intensément habités, occupés. Il ne reste plus beaucoup de place.

Reproduire, en miniature, les formes d’habitat que nous avons dessinées ces dernières décennies, ne marchera pas.

Il nous faut apprendre à imaginer de nouvelles maisons, de nouveaux appartements, de nouveaux jardins, de nouvelles terrasses, de nouveaux rapports entre le plein et le vide.

Les imaginer, les dessiner, y goûter. Et commencer à nous entraîner à bien les concevoir pour les faire matcher avec la demande réelle, celle des Français qui veulent se loger confortablement là où ils ont besoin de vivre.


Quang Trần | Hinz Studio | archello.com

Quang Trần | Hinz Studio | archello.com

Hinz Studio | archello.com

Quang Trần | Hinz Studio | archello.com

Quang Trần | Hinz Studio | archello.com

Hinz Studio | archello.com

Notes et références :

  1. Archello. (s.d.). Mcasa.
Rejoignez la discussion