La « maison », et le modèle urbain du « village », sont l’avenir du logement en France

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Publié le 27/01/26
Mis à jour le 27/01/26
2min de lecture
La « maison », et le modèle urbain du « village », sont l’avenir du logement en France
Lucas Pouvreau

Conférence de Lucas Pouvreau au colloque Organic Cities II : French West Coast (Rennes, sept. 2025)

  • 1 – La crise actuelle du logement est une crise de solvabilité des ménages
  • 2 – Personne n’y pense, mais la maison, c’est évidemment la voie royale pour résoudre ce problème
  • 3 – Même lorsque le foncier est plus cher (en se rapprochant du littoral ou du coeur métropolitain par exemple) l’auto-promotion reste bien plus abordable que la promotion
  • 4 – Le collectif en promotion n’est concurrentiel que lorsque…
  • 5 – On le voit sur ces cartes : la maison peut loger les Français sur tout le territoire
  • 6 – Ce qu’on devine moins : la maison est le futur, aussi, des coeurs métropolitains
  • 7 – La demande est là : plus de 7 Français sur 10 considèrent que 200m2 de jardin leur conviendraient parfaitement
  • 8 – Une maison et un petit jardin, pour tout ceux qui le souhaitent, dans le rural comme dans l’urbain

(Et leur production ne ressemble pas du tout aux JO )

1 – La crise actuelle du logement est une crise de solvabilité des ménages

  • Le pouvoir d’achat des Français ne permet pas de payer les quelques 5’000€/m2 que coûte un appartement produit en promotion (prix moyens en 2025, prix d’entrée = 4’000€/m2).

2 – Personne n’y pense, mais la maison, c’est évidemment la voie royale pour résoudre ce problème

  • Le futur habitant achète un terrain (si possible issu d’une division d’un terrain déjà bâti, en BIMBY, sans étalement urbain pour respecter le ZAN),
  • C’est lui le maître d’ouvrage de son logement, il conçoit un projet sur mesure,
  • Il économise les frais de maîtrise d’ouvrage déléguée (le travail du promoteur),
  • Mais aussi la marge du promoteur (c’est lui qui prend le risque, minime),
  • Et les frais de commercialisation (2 fois les honoraires de conception architecturale, tout de même),
  • Certains font même les finitions eux-mêmes,
  • D’autres commencent par construire petit et agrandiront quand leurs finances leur permettront.

Résultat : un prix de revient de 30% à 40% inférieur au prix de sortie en promotion.

  • 315’000€ pour une maison et son terrain en 2024,
  • Soit 2’700€/m2 en moyenne.

3 – Même lorsque le foncier est plus cher (en se rapprochant du littoral ou du coeur métropolitain par exemple) l’auto-promotion reste bien plus abordable que la promotion

Nous l’avons vérifié avec Villes Vivantes à :

  • Saint-Malo,
  • La Rochelle,
  • Bordeaux,
  • Chambéry,
  • Marseille,
  • Grenoble,

bref…

4 – Le collectif en promotion n’est concurrentiel que lorsque…

  • la densité autorisée (la hauteur en particulier) est beaucoup plus importante,
  • les prix dans l’ancien permettent de commercialiser des biens à des prix hauts permettant d’absorber le coût de la promotion (= emplacements premiums),
  • un dispositif PINEL ou JEANBRUN permet de faire venir des investisseurs pour réaliser du locatif (à 5’000€/m2, pas le choix, les accédants seront rares).

5 – On le voit sur ces cartes : la maison peut loger les Français sur tout le territoire

  • Même quand les prix sont bas,
  • Partout,
  • Car elle est produite à l’unité, sur mesure, pour des projets spécifiques,
  • Pas de pari.

6 – Ce qu’on devine moins : la maison est le futur, aussi, des coeurs métropolitains

  • C’est-à-dire précisément de la 1ère couronne des grandes agglomérations françaises,
  • Les plus grandes villes du monde (Jakarta, Tokyo), sont des  océans de maisons ,
  • Leur tissu urbain est dense et bas, sur le modèle du village.

7 – La demande est là : plus de 7 Français sur 10 considèrent que 200m2 de jardin leur conviendraient parfaitement

8 – Une maison et un petit jardin, pour tout ceux qui le souhaitent, dans le rural comme dans l’urbain

  • C’est possible,
  • C’est compatible avec le ZAN,
  • Et il faut, pour cela, commencer par légaliser le village.