Continuons notre remontée de la route de la Soie, histoire d’enrichir la liste déjà longue des champions de nos paysages futurs, avec l’arbre à soie (Albizia julibrissin).
Un arbre persan d’origine, de taille moyenne et au port étalé (12 x 10 m), rustique (-20 °C) et taillé pour le plus chaud et le plus sec : racines traçantes, apte aux sols pauvres, fixant l’azote atmosphérique avec ses symbioses, avec un joli feuillage qui se replie la nuit ou lors des forts épisodes secs. Son principal atout pour le futur est sa floraison pollinifère, longue et généreuse, en bouquets de belles étamines soyeuses et colorées qui lui valent son nom.

Il apporte nectar et surtout pollens en juin-juillet, dans le chaud et le sec ; un timing idéal dans le creux floral estival qui commence, et qui va empirer.
Il pousse vite, puis établit sa tête étalée, et assure une ombre claire bien agréable dans les terrains ingrats qu’on lui propose. Un bon candidat pour des îlots de fraîcheur et de biodiversité, y compris en milieu champêtre et en viti-agroforesterie.
L’arbre est arrivé chez nous via Constantinople au XVIIIème siècle ; il a aussi parcouru la route de la Soie vers la Chine et le Japon, où il a retrouvé d’autres membres (tropicaux) de sa famille.
Il est dans le petit jardin situé à l’arrière de Notre-Dame de Paris ; là, il rappelle que la route de la Soie fut aussi celle des religions et des sciences.

Il y est juste à côté d’un beau Tetradium, un chinois venu du lointain départ de la route de la Soie, nommé aussi arbre à miel. Ces deux compères ont survécu à l’incendie et aux multiples déplacements d’engins et de matériaux encore en cours.
Souhaitons que la palette des arbres du futur jardin de Notre-Dame dessiné par le paysagiste Bas Smets leur apporte des compagnons aussi résilients et florifères qu’eux : pour des floraisons sur des arbres, toute l’année, au pied de Notre-Dame… comme un jardin d’Éden.