Nouvelle étape sur la route de la Soie : le paliure pour les haies du futur

Cadres de vie
Publié le 23/07/26
Mis à jour le 23/07/26
2min de lecture
Nouvelle étape sur la route de la Soie : le paliure pour les haies du futur
Yves Darricau

Paliurus spina-christi : un arbuste avec un fruit à l'aspect d'une soucoupe volante

Les Haies du Futur c’est  Soltner + 3 °C .

On lira les écrits de l’Agronome sur les utilités des haies (protection des sols, contrôle des vents, des eaux, habitats, auxiliaires…) ; ils n’ont pas pris une ride, sauf un besoin d’adaptation au contexte climatique et aux nouveaux besoins de la biodiversité.

On dira ici simplement que les arbres et arbustes qui sont maintenant appelés à peupler nos haies doivent résister à + chaud et + sec, et apporter des ressources florales quand il n’y en a pas ou plus.

Pour trouver des idées, mes autres articles dans cette série sur la Route de la Soie sont bien utiles.

Le trajet depuis le Sud de la Caspienne vers l’Afghanistan qui fait traverser steppes, déserts et montagnes, sélectionne des végétaux aptes à des conditions extrêmes entre des espaces + tempérés. On en a ramené quantité de vivaces (iris, tulipes, rhubarbe…) et on y croise quelques rares arbustes dont le paliure, présent jusqu’en Méditerranée.

Ce Paliurus spina-christi est un arbuste (3 m) rustique (-15 °C) qui pousse dans le très sec, à joli feuillage sur un branchage fin, armé d’épines, et à curieux fruits en soucoupes volantes.


Yves Darricau
Figure n°1 : Paliurus spina-christi : un arbuste rustique, des fleurs en étoiles, une générosité en nectar et en pollen

Son intérêt est sa jolie floraison en nombreuses étoiles jaunes, généreuse, estivale et plutôt longue. Il est particulièrement apprécié de quantité d’insectes pour son nectar (une production notable de nectar qui n’est pas significativement affectée par la chaleur, contrairement à tant d’autres…) et pour son pollen qualitatif.

C’est un mellifère complet, qui fait du miel des Balkans à l’Asie centrale.

Chez nous, il est présent dans les maquis du Sud (compagnon du chêne kermès) : il est maintenant temps de le faire migrer pour l’utiliser en lisières et dans les haies (soleil à mi-ombre), quasiment partout, pour sa robustesse et sa générosité florale. Il fait d’ailleurs ses preuves en Gascogne sèche, avec son cousin chinois, le Paliurus hemsleyanus, aussi généreux, plus grand (8 à 10 m) et à feuilles et fleurs plus visuelles.


Yves Darricau
Figure n°2 : Paliurus hemsleyanus : un cousin chinois, résistant et à générosité évidente

Les paliures sont des atouts floraux pour nos haies, à une époque de rareté : ils aident à combler le trou floral estival après les dernières grandes floraisons, celles des tilleuls.