Étape des Balkans sur la route de la Soie : la future haie bretonne

Cadres de vie
Publié le 22/07/26
Mis à jour le 22/07/26
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Étape des Balkans sur la route de la Soie : la future haie bretonne
Yves Darricau

Acer Opalus à Redon se faisant butiner par une abeille, Bretagne, France

Ce 24 février 2026, la longue séquence pluvieuse hivernale a fait une pause en Bretagne Sud : soleil, ciel clair, 18 °C à midi… alors les insectes du coin se sont réveillés (mouches, bourdons, papillons, abeilles sauvages…) comme si la cloche de fin d’hivernage avait sonné. Ils ont rejoint dans leur quête les abeilles domestiques qui sont sorties épisodiquement durant cet hiver globalement doux. Tous ont fait leurs premières emplettes dans les rares ressources florales disponibles que seuls les délaissés assurent avec les ajoncs (Ulex europaeus) à fleurs si difficiles à ouvrir, et diverses rares fleurettes… La végétation locale, pourtant bien en avance cette année, est débordée par le réveil de la petite faune (y compris lézards, chauves-souris, grenouilles…).

Les fleurs qui ont fait ponctuellement le job sont celles de migrantes encore trop rares dans le coin ; des végétaux venus des premières étapes balkaniques de la route de la Soie : viorne-tin (Viburnum tinus), cornouiller mâle (Cornus mas), amandier, noisetier de Byzance… et enfin (le 27 février) un étonnant érable (Acer opalus obtusifolium), un autre rare migrant, champion hors catégories, rusticité et générosité en nectar et pollen… avec des milliers de fleurs sur un seul tronc…

Très bientôt, la marée jaune des pissenlits et la lumière des chatons des saules annonceront l’abondance du printemps et nous feront croire que tout est bien qui finit bien, alors que le déphasage et le trou nutritionnel créés dans nos paysages par le changement climatique deviennent patents et problématiques… et vont encore empirer, même en Bretagne pourtant privilégiée.

La démonstration est faite : la flore indigène peut (et doit) être renforcée. La solution passe par la migration d’adaptées, à phénologies utiles, à ressources florales attractives, et à robustesse convenant aux conditions de vie et de gestion des futures haies bretonnes.


Yves Darricau
Acer Opalus à Redon, Bretagne, France

De la route de la Soie viennent et viendront ces plantes de la palette du futur qui permettra un nouveau bocage vivant, bien plus fleuri et diversifié que celui qui souffre et se rabougrit sous nos yeux et ceux des insectes mangeurs de fleurs.