Remonter la route de la Soie, c’est lire l’histoire des migrations végétales qui ont fait nos paysages.
Le cas de l’azerolier, Crataegus azarolus, est un exemple de semi-réussite qu’il faut maintenant finaliser.
Ce cousin très proche de notre fameuse aubépine est originaire d’Asie Mineure. Il lui ressemble, entre arbuste et arbre (de 3 à 8 m), rustique, à croissance lente, avec de jolies feuilles découpées et une généreuse floraison blanche, printanière, odorante. Il fournit des fruits plus ou moins charnus, avec un goût de pomme, mais sans le croquant.

La population des azeroliers offre une grande diversité en taille et en couleur, preuve d’une ancienne sélection fruitière dans sa zone d’origine : une diversité fruitière qui mériterait d’être revisitée alors que nous n’en avons communément qu’un bon cultivar à fruits rouges.


Son intérêt face aux défis du moment est sa floraison plutôt longue, appréciée de quantité d’insectes, et surtout son aptitude à vivre en sols pauvres, dans le chaud et le très sec. On lira avec intérêt les observations d’un amateur éclairé à son sujet1.
Arrivé avec les Romains, il est à ce jour encore un peu présent dans le Midi, baptisé la pommette
, ex-compagnon des haies et des vignes. Il régresse aussi en Italie, en y tombant dans l’oubli alimentaire et paysager, alors qu’il reste planté et sélectionné pour ses fruits, de la Turquie à l’Iran, et en Afrique du Nord.
Dans nos paysages, sa migration restée inachevée doit reprendre ; il faut utiliser sa robustesse, l’utiliser dans le sec et le pauvre, et profiter de sa générosité pour la biodiversité. À vrai dire, un candidat pour de modestes vergers et un bon compagnon des vignes, qu’il devrait accompagner partout ; un fruit de glane pour les vendangeurs.
Notes :
- François Drouet,
Variabilité du fruit de l’azerolier (Crataegus azarolus)
, Fruitiers Rares, article publié en 2000 et enrichi en 2014.