Sur la route de la Soie : l’azerole et les paysages du futur

Cadres de vie
Publié le 23/07/26
Mis à jour le 23/07/26
2min de lecture
Sur la route de la Soie : l’azerole et les paysages du futur
Giuseppe Morlando | flickr.com

Crataegus azarolus

Remonter la route de la Soie, c’est lire l’histoire des migrations végétales qui ont fait nos paysages.

Le cas de l’azerolier, Crataegus azarolus, est un exemple de semi-réussite qu’il faut maintenant finaliser.

Ce cousin très proche de notre fameuse aubépine est originaire d’Asie Mineure. Il lui ressemble, entre arbuste et arbre (de 3 à 8 m), rustique, à croissance lente, avec de jolies feuilles découpées et une généreuse floraison blanche, printanière, odorante. Il fournit des fruits plus ou moins charnus, avec un goût de pomme, mais sans le croquant.


Flora of China – GRIN – Euro+Med
Figure n°1 : Carte de l’origine et de la diffusion de Crataegus azarolus, répartition de C. mexicana et C. pinnatifida

La population des azeroliers offre une grande diversité en taille et en couleur, preuve d’une ancienne sélection fruitière dans sa zone d’origine : une diversité fruitière qui mériterait d’être revisitée alors que nous n’en avons communément qu’un bon cultivar à fruits rouges.


Uzun, A., Pinar, H., Yaman, M. et al – Évaluation de la diversité génétique par analyse multivariée au sein des ressources génétiques de l’azerolier de Turquie (Crataegus azarolus) | link.springer.com
Figure n°2 : Azerolier de Turquie (Crataegus azarolus) avec ses fruits

Uzun, A., Pinar, H., Yaman, M. et al – Évaluation de la diversité génétique par analyse multivariée au sein des ressources génétiques de l’azerolier de Turquie (Crataegus azarolus) | link.springer.com
Figure n°3 : Échantillons de fruits de quelques génotypes d’aubépine : (a) Génotype 9; (b) Génotype 38; (c) Génotype 46; (d) Génotype 44.

Son intérêt face aux défis du moment est sa floraison plutôt longue, appréciée de quantité d’insectes, et surtout son aptitude à vivre en sols pauvres, dans le chaud et le très sec. On lira avec intérêt les observations d’un amateur éclairé à son sujet1.

Arrivé avec les Romains, il est à ce jour encore un peu présent dans le Midi, baptisé  la pommette , ex-compagnon des haies et des vignes. Il régresse aussi en Italie, en y tombant dans l’oubli alimentaire et paysager, alors qu’il reste planté et sélectionné pour ses fruits, de la Turquie à l’Iran, et en Afrique du Nord.

Dans nos paysages, sa migration restée inachevée doit reprendre ; il faut utiliser sa robustesse, l’utiliser dans le sec et le pauvre, et profiter de sa générosité pour la biodiversité. À vrai dire, un candidat pour de modestes vergers et un bon compagnon des vignes, qu’il devrait accompagner partout ; un fruit de glane pour les vendangeurs.


Notes :

  1. François Drouet,  Variabilité du fruit de l’azerolier (Crataegus azarolus) , Fruitiers Rares, article publié en 2000 et enrichi en 2014.