Pour les insectes, passer l’hiver c’est y entrer gras, avec des réserves corporelles pour tenir jusqu’au réveil printanier…
Une stratégie de vitalité très partagée : on pensera à l’ours qui prend 30 % de poids en automne.
Pour les abeilles, la recherche ITSAP INRAE est formelle : les mal nourries en automne, celles qui n’ont pas assez de lipoprotéines corporelles, affichent des mortalités de près de 40 % !
Ce manque de fleurs en automne est sûrement le plus important défi alimentaire pour nos insectes. Il est aggravé par le changement climatique, ce qui est si visible en cette année 2026, sans fleurettes, ni nectar de bruyère ou de blé noir.
Ces réserves corporelles de lipides et de protéines sont récupérées dans les pollens des fleurs automnales ; et comme aucune fleur n’apporte tous les acides aminés et acides gras vitaux, c’est dans la diversité de l’offre qu’est la solution. On retiendra que si pour nous la bonne nutrition c’est 5 fruits et légumes par jour, pour les insectes, c’est 3 pollens…
Pas si facile, il y faut des floraisons de plantes robustes face au climat, généreuses en ressources de qualité… ce qui est démontré, au-delà de ce qu’on pouvait en attendre en cette année particulièrement sèche, par trois solides chinoises qu’on peut honorer du titre de trois amis de l’automne
:
- Le Koelreuteria bipinnata (figure n°1), dernier grand arbre à fleurir en climat tempéré : spectaculaire, hampes jaunes, longues, durant quasi un mois. Un marginal connu depuis un siècle, qui n’aoûtait qu’en Méditerranée, et qui monte maintenant jusqu’à Paris et au-delà… Pour spots urbains ou champêtres.
- L’Heptacodium (figure n°3), dernière découverte en Chine (1981), resté pimpant dans la canicule, belle floraison blanche longue, suivie de grappes de sépales rouges, et qui apporte ses 30 kg/ha de nectar à tout un petit peuple affamé ; pour tous types d’aménagements, haies et lisières.
- L’épatant Castanea seguinii (figure n°5) : un petit châtaignier qui fleurit en continu, nectar et pollen de mai aux premiers froids ! Puis, en automne il offre ses fruits, petites billes sucrées, à la faune, de façon étagée sur 2 mois : un grenier d’abondance pour la biodiversité ; aménagements cynégétiques et îlots nourriciers… en forêts, sous-bois ou en jardins.
Ces trois amis, jolis, fiables et stratégiques, sont à planter vite, et pas seulement en Bretagne.
Les deux premiers se trouvent en pépinières ; le dernier est hélas comme l’Arlésienne ! (l’OFB et l’ONF rendraient un sacré service à nos paysages et à notre biodiversité en nous le ramenant de Chine).
Les lecteurs verront avec ces trois amis un point de plus pour la sinisation des paysages bretons (mais le match n’est pas plié… l’Occitanie a aussi des solutions à offrir !).
En fait, pour être complet, il faudrait ajouter le lierre à la liste ; mais il aurait fallu titrer Bretagne, La Bande des quatre
… moins vendeur !





