Pourquoi nos grandes villes doivent continuer à grandir ?

Cadres de vie
Publié le 15/07/26
Mis à jour le 15/07/26
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Pourquoi nos grandes villes doivent continuer à grandir ?
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Paris, France

Plus nous changeons d’emploi, plus nous avons besoin de grandes villes.

C’est l’argument de ma tribune parue dans Les Échos ce mardi 14 juillet.

La taille de la ville dans laquelle vous avez besoin de vivre est grosso modo proportionnelle au nombre de fois que vous prévoyez de changer d’emploi dans votre carrière.

Or ça y est en France, un peu plus tardivement qu’ailleurs sans doute, ce nombre s’envole.

Un actif qui entre aujourd’hui sur le marché du travail changera d’emploi bien plus souvent que ses parents.

Ainsi, selon le baromètre EDHEC-JobTeaser de février 2026, 41 % des jeunes diplômés ne font plus du CDI une priorité.

Et face à ce phénomène, un grand bassin d’emploi fonctionne à la fois comme une assurance et un tremplin : en cas de perte d’emploi, de réorientation, de rupture, il offre le maximum d’options pour rebondir vite, sans déménager, sans déraciner sa famille.

Quand un jeune actif choisit Paris, Lyon ou Bordeaux plutôt qu’Auxerre ou Châteauroux, ce n’est pas quelqu’un qui déserte les territoires mais tout simplement une personne qui aspire, sans toujours le formuler clairement,

  • à une protection contre l’aléa professionnel,
  • à augmenter ses chances de trouver, précisément, les jobs qu’il recherche.

Avec un ou deux emplois majeurs dans toute une carrière, on pouvait s’installer durablement dans une agglomération de 10’000 ou 20’000 habitants. Avec un nouvel emploi tous les quatre ans, et plus encore dans un couple à deux carrières spécialisées, c’est devenu impossible, sauf à déménager sans cesse.

Rationner la construction de logements dans les grands bassins d’emploi du pays, ce n’est donc pas protéger les villes moyennes ou la ruralité. C’est rationner l’accès à la sécurité économique pour les employés, et rendre plus difficile l’embauche pour les employeurs. Et faire de l’accès aux opportunités économiques un privilège réservé aux plus fortunés.

L’équilibre que notre politique d’aménagement du territoire doit viser, c’est une plus grande égalité, entre les Français, dans la possibilité d’accès à cette sécurité économique (les opportunités professionnelles des marchés de l’emploi  épais ) et non pas un égalitarisme abstrait entre des  territoires  découpés selon les cartes du monde d’avant.

Donner les moyens aux grandes villes françaises de grandir, de s’adapter et d’améliorer le cadre de vie qu’elles proposent aux employeurs comme aux employés, c’est créer l’infrastructure dont la France a besoin pour faire prospérer son économie et rester maître de son destin.

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