Nos territoires ont des projets : mieux loger tout un chacun, s’adapter plus profondément au changement climatique en cours, réduire drastiquement les émissions de carbone territoriales, celles de la mobilité en particulier, offrir à l’économie, à la culture, et à la société française dans son ensemble, un terreau fertile, efficace, qui augmente la liberté — et le pouvoir d’agir — de chacun.
Mais nous sommes aujourd’hui confrontés à 7 grandes croyances qui nous empêchent d’avancer. Elles sont là, elles ne viennent pas de nulle part et elles sont ancrées.
Surtout :
- Ce sont des idées qui proviennent du champ professionnel de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme au sens large ; elles se diffusent à partir de là dans le champ politique, et jusque dans le débat public.
- Ces 7 croyances fructifient à partir d’une forme d’ignorance commune : la pensée systémique, la modélisation des systèmes complexes, la compréhension du vivant et du rôle que l’autonomie y joue, et enfin la façon dont les décisions humaines se prennent dans la vraie vie.
Toutes ces dimensions sont profondément ignorées par les spécialistes de disciplines universitaires et de branches d’expertise qui pensent en silo et qui, mécaniquement, font le lien entre leur pensée et l’action via des modèles simples, trop simples : de là, toutes nos politiques publiques sectorielles…
Voici donc ces 7 croyances (je les détaillerai une par une à partir de demain) :
- Croire que pour réduire les émissions carbone du bâtiment, il faut systématiquement privilégier la rénovation vis-à-vis de la construction neuve.
- Croire que pour préserver la biodiversité française, il ne faut pas densifier et faire la ville sur la ville, mais sanctuariser la pleine terre située en milieu déjà urbanisé.
- Croire que pour rafraîchir les villes, il ne faut pas construire plus mais planter plus.
- Croire que pour faire baisser les prix de l’immobilier, construire plus n’est pas le sujet et ne sert à rien.
- Croire qu’au vu des perspectives démographiques françaises, qui sont stables à l’horizon 2100, le parc bâti existant sera presque suffisant pour répondre aux besoins en logement et qu’il nous faudra construire de moins en moins de logements neufs à l’avenir.
- Croire que plus on dessine, plus on projette, plus on définit l’état futur d’un territoire, mieux celui-ci se porte. C’est-à-dire croire que tout ce qui est prévu, planifié, anticipé, attendu, est meilleur pour la ville que la surprise, l’inattendu, le hasard.
- Croire que, malgré l’envergure des enjeux et des difficultés à affronter, les modes d’actions de la puissance publique et de ses partenaires traditionnels seront suffisants. C’est-à-dire croire que nous n’aurons pas besoin de l’effet de levier massif des habitants bâtisseurs, adaptateurs et transformateurs de leur cadre de vie.