Nos quartiers ne sont que des étapes : la leçon de Manhattan

Décryptages
Publié le 04/11/26
Mis à jour le 04/11/26
3min de lecture
Nos quartiers ne sont que des étapes : la leçon de Manhattan
David Miet

Decker Building, situé au 33 Union Square West à Manhattan, en 2018

  • Étape 1 : le lotissement
  • Étape 2 : le faubourg
  • Étape 3 : la ville dense
  • Résultat : la ville organique

Manhattan a été créée comme un lotissement Le retour du lot libre dense Le retour du lot libre dense . Puis elle s’est densifiée de façon organique, parcelle par parcelle.

Du village à la métropole, son histoire nous aide à comprendre pourquoi, et comment, une ville grandit et se transforme.

Quelques aperçus de ce développement.

Étape 1 : le lotissement


Archives New-York
5e avenue, 1869. Une maison verticale s’élance, seule, en attendant ses voisines.

La ville grandit et prépare son extension : elle trace des rues, découpe des parcelles, ouvre de nouvelles possibilités de construire.

Le plan est là. Le tissu urbain commence à se former.

À une autre échelle, on retrouve ce processus dans les quartiers d’échoppes de Bordeaux, autour des boulevards, à la fin du XIXe et au début du XXe siècle.

Étape 2 : le faubourg


Archives New-York
Au croisement de la 6e avenue et de la 11e rue, en 1913 : des maisons à touche-touche, puis des immeubles d’appartements.

À mesure que la ville grandit, des emplacements autrefois périphériques se retrouvent mieux situés, plus recherchés.

Certaines maisons sont agrandies, d’autres remplacées par des immeubles. D’autres encore restent en place.

Tout ne change pas en même temps.

C’est ce décalage qui produit un tissu composite : plusieurs générations de bâtiments, plusieurs tailles, plusieurs intensités d’usage coexistent dans une même rue.

Étape 3 : la ville dense


David Miet
Autour d’Union Square, en 2018.

L’accumulation des transformations a changé l’échelle de la ville.

Les maisons ont largement cédé la place aux immeubles. Mais certains bâtiments plus modestes subsistent, au milieu de voisins qui se sont élancés davantage.

La densification n’a été ni simultanée, ni uniforme.

Résultat : la ville organique

Une ville organique, composite, qui mêle plusieurs étapes en un même ensemble.


Archives New-York
Prenons maintenant de la hauteur, avec cette vue aérienne de Manhattan en 1928.

Une ville organique, c’est la coexistence, non figée, de ces différentes situations.

  1. La métropole contient encore des fragments de faubourg. Les petits immeubles côtoient les grands. Des quartiers se transforment rapidement, d’autres beaucoup moins. Et ce n’est pas fini.
  2. La ville ne passe pas tout entière d’un état au suivant : elle se transforme par morceaux. C’est cette diversité des chemins empruntés par chaque parcelle qui fait sa complexité organique.
  3. Un plan peut organiser les rues et les parcelles. Puis des milliers de décisions, prises au fil du temps, transforment ce que ce plan accueille.
  4. À chaque époque, les habitants héritent d’une ville déjà construite. Ce qu’ils peuvent en faire dépend aussi des possibilités de transformation que nous leur laissons dans nos règlements d’urbanisme en particulier.

Chaque état devient le point de départ du suivant.

Nous avons souvent tendance à regarder nos quartiers comme des formes achevées… ce qui est bien normal : nous nous habituons.

Mais ce qui nous est familier n’est pas nécessairement définitif.

L’histoire de Manhattan nous invite à les regarder aussi comme des étapes.

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